The Soft Moon, compact, froid et puissant, à la Lune des Pirates…

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Nouvelle affiche attirante et pour le moins “cold”, la visite à la Lune des Pirates de The Soft Moon, projet de Luis Vasquez, avait de quoi envoûter tout un chacun amateur de musique hypnotique et dérangée, aux penchants froids, donc, et “Suicidiens”, prononcés. Avec l’appui de The Neutrinos, menés par une frontwoman survoltée, qui signent en pôle position une prestation sans fioritures et pourtant décalée dans la formule, entre expérimentation (Spill the sea, faussement tranquille, ou la tension au bord de la rupture de Love is in the bullet) et “classicisme” sombre et frontal, doté d’une certaine sensualité (The butcher of common sense), le tout dans un clair-obscur inattendu.

The Soft MoonA classer dans le rayon des trouvailles Lunaires, un quatuor qui tient la scène sans trembler et propose, atout supplémentaire, une collection surprenante, parvenant ainsi à étonner son public et en retenir l’attention sans fléchir.


Neutrinos

A l’issue de cette bonne surprise, The Soft Moon va instaurer un gig sans temps morts, kraut ou indus (de par le répétition de ses motifs sonores), froid, bien sur, et convaincant par la puissance dégagée et l’arsenal sonique déployé. Un must du genre, qui doit autant à Suicide et sa folie à peine bridée qu’à Bauhaus et Joy Division par ses élans cold-wave prenants. Ceci dans une pénombre seyante, en parcourant deux opus qui portent sa trace et se voient, dans les conditions du live, dotés d’une force nouvelle.  Le seul “bémol à attribuer à The Soft Moon” tenant  en un léger manque de diversité que la qualité de ses compositions et le style personnel qui s’en dégage font vite oublier. De même que l’opposition visible entre le leader, en mouvement perpétuel, possédé, et un bassiste qui assène ses lignes, lourdes et groovy, de façon impassible et implacable, pendant que le batteur assure de son côté une unité sans failles avec celui-ci.

Marquant donc, exigeant tout autant, The Soft Moon et son géniteur hors-normes laissent une empreinte significative sur les planches de la “Lune”, par le truchement d’un concert rageur à la croisée d’influences entièrement assumées.

Photos William Dumont.