La pop magnifique d’Ewert and the Two Dragons à la Lune des Pirates…Estoniens.

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Enchainement de bonnes dates oblige, valeur des invités également, la Lune des Pirates offrait à son public en ce jeudi soir une énième affiche affriolante, les Estoniens d’Ewert and the two dragons y amarrant avec dans leurs bagages les tout aussi valeureux BRNS “from Brussels”.


Brns

Avant la superbe révélation issue de chez Talitres, nous eûmes donc droit à la pop/post agitée aux chants alliés de BRNS, aux climats prenants et oscillant entre délicatesse, rêverie et bourrasques noisy. Fin et bien conçu, sensible et déviant, l’univers de ce groupe récent et déjà performant mêle acoustique subtile et orages brefs mais affirmés, voix nuageuses et à l’unisson pour dévoiler une formation précieuse et nous faire bénéficier d’une bien belle amorce.
Réjouissant dans ses instants lestes (Deathbed) comme dans une douceur céleste pas éloignée dans le ton de celle de Suuns, tubesque le temps  entre autres d’un Mexico magique, BRNS honore un pays au réservoir fiable, après School is cool au même endroit il y a quelques semaines. Here dead he lies rappelle même les Bewitched hands et dans le rayon pop aux chemins de traverse maitrisés, voilà des musiciens qui tirent leur épingle du jeu et débutent la soirée avec brio.


Ewert and the Two Dragons

Ceci avant qu’Ewert and the two dragons, que je ne peux m’empêcher de rapprocher de REM pour l’émotion et la sensibilité, la splendeur pop de son carnet de chansons, ne réussisse le tour de force de nous emmener dans des sphères pop plus chatoyantes encore, avec, ça et là et de façon suffisante, un allant et une rudesse qui les distingue plus encore. Good man down, le dernier petit bijou pop-folk-rock en date, présente une palanquée de titres forts, qui en live étincèlent de sincérité et de force d’évocation. Superbes, joués avec le coeur, les (In the end) There’s only love et autres Good man down, entrainants, immédiats et élaborés avec un savoir-faire renforcé par une simplicité désarmante, entrainent le public dans une sarabande joyeuse, de celles qu’on peut justement entrevoir lors de chaque concert, ou presque, sur le Quai Bélu.

Jolene et ses sons raffiné, la flamboyance folk obscure (Sailor man) ou guillerette (Road to the hill et ses choeurs de rêve) de la clique de Tallinn et ses petits hymnes incitant à la joie en font une pépite irrésistible, capable d’égaler, donc, Stipe et consorts au jeu des mélodies pop-folk de haut niveau, patinées et émotionnelles. On pense aussi aux Canadiens de The Tragically Hip et à l’issue, c’est le coeur réchauffé qu’on quitte l’établissement picard, qu’on remerciera une nouvelle fois pour ce choix avisé, largement validé par une assemblée heureuse et comblée.

Photo William Dumont.