Des The Men Sonico-Sonics assurent une rentrée de feu au 106 de Rouen…

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Les rentrées au 106 de Rouen sont traditionnellement déviantes et explosives et cette année, l’affiche était encore prisée pour le retour du public dans l’antre normande puisque les furieux The Men, auteurs d’un Open your heart débraillé, jouissif, y tenaient la tête d’affiche, précédés par Violence Conjugale, dernière trouvaille en date du label Born Bad.


Violence Conjugale

Si pour ce retour tant attendu d’un public désormais fidélisé, l’assistance fut étonnamment clairsemée, les deux formations présentes ont fait bien mieux que de se défendre, garantissant de surcroît un enchainement cold-pop/garage hautement estimable et profitable. Violence Conjugale renouant avec le pouvoir d’attraction des groupes “cold” français des late 70’s ou des early 80’s avec un premier opus charmant, joué par un duo oeuvrant dans une quasi-pénombre seyante. Si le registre est déjà connu, rien n’est négligeable, les titres au dessus de la moyenne et le ton cold-pop rythmé mais glacé envoûte vite. Originalité des textes aidant, Hans Jemappes – Chant et synthétiseurs, et André Gosselin-Synthétiseurs et programmation tirent leur épingle du jeu, avec humour et modestie, sans en rajouter et en “faisant le taff” avec une maitrise et un niveau d’ensemble qui les crédite de façon prégnante.

Comme de coutume donc, l’amorce de ce come-back au 106 est probante et on se doute bien que les énervés et éclectiques mais pertinents The Men, avec un tel attirail de titres à leur disposition, entre garage, shoegaze et mélodies noyées dans leur maelström sonore magique, vont eux aussi se distinguer.


The Men

Ca ne tarde pas et leur jeu aussi “dompté” qu’à l’emporte pièce, rageur et direct, fait mouche pour embraser une foule rapidement conquise, dont le seul “défaut” est d’être trop peu fournie si on tient compte de la valeur des Américains et de l’énergie déployée. Ceci de pair avec une série de titres qui défouraillent et séduisent aussi par la largeur des genres abordés, ceci sans ternir la pertinence du show. Abrasif, sans fioritures et effets de manche et encore moins de frime -ce n’est pas le style de la maison-, le quatuor de Brooklyn justifie par le biais d’un set court mais percutant, marquant et addictif, le choix de l’équipe du 106. Lequel verra dans quelques jours le Body/Head de Kim Gordon investir les lieux en compagnie de Mensch, duo français, ou plutôt de Françaises, tout aussi espéré et performant.

Preuve tangible, finalement, qu’il est difficile de se “planter” en venant au 106, auquel on peut vouer une confiance aveugle en termes de programmation et de cohérence des “menus” musicaux mis à disposition.

Photos William Dumont.