Rubin Steiner – Discipline in anarchy

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Le tourangeau Rubin Steiner, auteur d’albums significatifs  (un excellent Weird hits, two covers & a love song en 2008, entre autres nombreuses références) et de collaborations en nombre, abouties, fait son retour discographique avec Discipline in anarchy, au titre bien pensé et dont les deux parties sous-entendues -les adeptes d’une discipline de fer et ceux d’une anarchie dont elle serait donc quasi-absente-, pourraient largement s’inspirer.

Plus que son intitulé cependant, c’est une qualité constante que recèle l’album, aux huit titres d’une electro captivante aux multiples apparats.
Groovy, froide ou enjouée, ornée de sons de guitare qui évoquent Sonic Youth ou la scène berlinoise (le bien nommé Noise beats en ouverture, déjà au sommet de par son côté obsédant, psyché, aux sons “de fond” géniaux) et de façon générale entrainante (l’exercice electro-pop/cold de Dexter), la musique de Rubin fait preuve d’une inventivité récurrente et envoûte vite, donnant dans le même temps des idées de danse glacée et cadencée.
Sur Stripes and wolves, un chant traficoté et des boucles synthétiques suffisent à faire mouche, alliés bien sur à l’addiction que génèrent les sons conçus par le gonze du label Platinum. Puis le penchant psyché-nuageux/cold rythmé de Discipline in anarchy vient consolider, avec ses breaks bien placés, la tenue d’un disque qu’on pressent d’ores et déjà de haut niveau.

La suite nous donnera raison, initiée par la voix féminine de La plaie de ton doigt (La Femme est ici égalé, c’est dire l’attractivité de cet essai…new-wave/pop, dirons-nous) puis l’electro vive de The popunderstanding, parfait exemple d’association de sons poussant à la dépendance. Et sur la fin, la basse grasse de Try this one, “juste” énorme avec ses prétentions cold aussi rock qu’electro, déclinées sur plus de huit minutes et dans un esprit underground, de nature à vous faire danser toute la nuit, enterre toute tentative de résistance à un nouvel ouvrage fatal.

Lequel prend fin sur Peak panic, merveille d’electro souterraine que les amienois de The Name n’auraient pas renié et qui consacre Rubin Steiner dans son rôle d’artiste pluriel et performant en toutes occasions.