So was the sun – Dead submarines

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Trio picard, devenu tel après quelques remaniements, So was the sun s’attaque aujourd’hui à une trilogie d’EPs et matérialise ses efforts, et ses nombreux succès sur des tremplins régionaux et d’ailleurs, par ce second disque qui fait suite à une première sortie éponyme déjà prometteuse.
On y trouve huit titres rutilants, d’obédience grungy/stoner, qui hissent les compiegnois à un niveau élevé et livrent à l’auditeur le shoot d’adrénaline qui lui sera nécessaire à apprécier l’enregistrement, assuré cette fois par Maxence Collard au Sous Marin, à Amiens.

D’emblée, on fait face à un titre accrocheur, dynamique et bondissant, au riff bien trouvé (Mean it), et la voix rageuse de Palem Candillier, en trio compact avec Loïc Jallais aux futs et Tarah G.Carpentier à la basse, en section rythmique de caractère et groovy, fait mouche. On pense, je confirme, à Drive Blind et si ce n’est pas cette fois David Weber qui produit, l’inspiration est optimale et trouve une mise en son idéale.

On attend bien sur confirmation et Naked mouth, aussi bourru et doté de mélodies fines, lève le doute quant à la capacité du groupe à maintenir un degré d’intérêt estimable. Ici, on défouraille intelligemment, de façon frontale mais pensée, dans un esprit rock assumé sans trembler ou s’égarer en cours de route, dans une belle cohérence. Les brisures de rythmes de Wish you were not here ajoutent ensuite à la valeur du disque, aidées en cela par quelques dissonances, et des déboulés rythmiques, bienvenus. Puis les grattes grasses de A new organ, massif et alerte, précèdent ensuite un encart poppy de toute beauté: May for years, sensible et sur la brèche d’une rupture qui finalement ne viendra pas. Aussi à l’aise donc dans un format rock impétueux que dans le cadre d’une pop étincelante, So was the sun remet le couvert sur Limits off limits, à l’énergie qui rappelle le Therapy? de Troublegum, c’est dire le niveau, pour enchainer avec les guitares noisy, couplées à une basse/batterie louvoyante, d’It serves your right, saccadé et percutant tout en exhalant des plages finement ciselées.

Aucun doute possible, l’essai est transformé et le coup de boutoir final, un punky et presque hardcore Monography, met fin de façon directe à un opus solide et crédible. Qui assied la réputation, nullement usurpée, d’un groupe avec lequel il va falloir, de plus en plus au fil du temps et de son avancée, compter.