Un Lézard Jaune 2012 sans fausses notes, avec pour Rois Nasteen et DSC…

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Dans la continuité d’un parcours parfois chaotique, marqué par un arrêt temporaire de l’évènement, le Lézard Jaune aura pourtant accouché d’une édition 2012 diverse et sans faux-pas, dominée dans un premier temps par Nasteen puis par les excellents DSC, et largement éclairée par la pléthore de groupes, entre jeunes aux débuts basés sur des reprises et formations émergentes, suivant un panel stylistique qu’on ne peut qu’approuver, programmés pour l’occasion.


Nasteen

Ainsi, entre la fraicheur et l’énergie d’une Camille de Colorblind, les prestations rap d’espoirs locaux ou plus éloignés, le rock ou le métal -voire les deux mêlés- de bon nombre d’autres groupes, le vendredi aura mis sur la bonne voie, celle d’une convivialité émaillée de concerts dignes du plus grand intérêt, un public fourni. Dont une large frange suivra, privilégiée, le concert de haute volée des Nasteen, jeunes amienois oeuvrant dans un courant electro ouverte d’esprit et d’obédience underground du plus bel effet. Superbe conclusion d’une première journée de choix, également éclairée par, entre autres bandes valeureuses, les puissants Naboth ou encore Main Square qui peut, lui, se targuer d’avoir récemment assuré la première partie de Stuck in the sound à la Lune des Pirates d’Amiens.

Passé cette belle journée, le samedi allait se dérouler de manière tout aussi imprenable, tout un chacun étant bien entendu susceptible d’y trouver son bonheur, pour connaitre une bien belle soirée, précédée par les vigoureux Sweet Haze au chanteur démonstratif, amorcée par les subtils Wolves & moons, au folk à l’étoffe fine, prolongée par le reggae de Positiv’Sight et conclue par DSC, magistral pour ce concert de fin.

Sonnant en quelque sorte comme un recueil, dans le genre, des différents genres entendus lors des deux jours, le Dirty South Crew a en effet fait valoir une fusion haute en couleurs, qui semble même, c’est en tout cas le constat que je dresse après trois “expériences” (le terme n’est pas vain tant le groupe, en verve sur scène et judicieux dans ses compos, amène l’auditeur à la transe et lui offre l’opportunité d’un “trip musical” intense, énergique et dépaysant) en compagnie du groupe, se bonifier au fil de leurs sets.


Dirty South Crew

C’est soul, c’est rock, ça trempe dans le reggae qui se frotte à des guitares chauffées à blanc, ça fricote avec le ragga ou le hip-hop et l’ensemble, épicé, métissé comme le sous-entend l’intitulé du premier long-jet de DSC, fait mouche sans coup férir. Pour ravir, au final et dès les premiers morceaux joués, un public aux anges, rassemblé autour d’une sorte d’icône fédératrice armée de titres imparables, d’une tenue scénique de taille et de chorégraphies à la fois pensées, bien conçues et instinctives. Avec, greffées à cela, un sens du partage et un investissement au bout desquels se dessine une communion totale avec la foule du soir.

Pour parfaire si besoin était un Lézard Jaune dont on attend d’ores et déjà l’édition 2013 avec impatience et curiosité quant à la programmation mise en place, qu’on espère revoir aussi huppée et couronnée par des pointures nationales. Sans oublier, bien entendu, une pépinière régionale foisonnante.

Photos William Dumont.