Phillip Boa & the Voodooclub – Loyalty

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Allemand, auteur déjà de plusieurs albums, Phillip Boa, avec son Voodooclub, sort un nouvel album intitulé Loyalty, aussi entrainant que mélodieux, qui lorgne  sur son amorce du côté d’Editors en moins forcé (l’excellent Black symphony en ouverture) pour ensuite instaurer une dualité vocale attrayante, que la jolie voix de Pua Lund enjolive (Want, tout aussi bon).

La subtilité, les airs fins mais sombres sont de mise (Ernest 2) et les déboulés rythmiques appréciables, comme sur Loyalty dont la vitesse est tempéré par la voix presque Bowiesque de Boa et des synthés maigrelets mais remarqués. Le tempo est d’ailleurs souvent soutenu, les chants associés assez bluffants, en douceur cadencée et si la trame des chansons s’en tient à une coloration rock, elle se drape à l’occasion dans des apparats sombres ou plus enjoués, toujours bien conçus.

Des embardées saccadées, portées par une basse en avant, élargissent l’impact de Loyalty (Sunny when it rains) et la finesse des vocaux, décisive, porte la touche finale à un opus décidément accrocheur, jusque dans ses ouvertures electroïdes 80’s (My name is lemon) et ses riffs bourrus forcément appréciables (Under a Bombay moon soon qui confronte organique et synthétique sans déraper).

La suite s’écoule et s’écoute avec le même plaisir, entre Lobster in the fog aux nappes de claviers presque cold et l’énormissime Dream on planet cherry, rock à l’extrême, balafré par des grattes sévères et valorisé par, encore une fois, ces voix remarquables “bisexuées”. Et l’album, malheureusement amputé sur sa version promo de deux titres (à quoi bon?), réserve aux non-initiés  dont je suis tout comme, certainement, aux déjà convertis, une belle surprise, énergique et rafraichissante, judicieusement cold sur quelques passages et porteur de mélopées enchanteresses.