Après les Docks corbéens, Deportivo dynamite le Charleston amienois…

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Déprogrammé, eu égard au conditions climatiques, du festival R4 voisin, Deportivo a pu rattraper le coup en investissant un caf’conc amienois tout heureux de les accueillir et qui s’en souviendra certainement longtemps: le Charleston, pour l’occasion plein à craquer. Pour les gars de Bois d’Arcy, assez “cools” et modestes, passionnés aussi, pour l’accepter, cette date constitua un évènement inédit puisque désormais, les proches de Dominic Sonic jouent de façon dominante dans des Smac d’importance. Et les conditions, spartiates, ont de toute évidence eu un effet “dopant” sur les franciliens qui, massés dans un coin de la salle, ont joué en rang serrés un répertoire impeccable, sonique, que des reprises significatives de leur posture artistique (Les bières de Miossec, Les écorchés de Noir Désir et Territorial pissings de Nirvana) ont efficacement étoffé.

Notons dans l’intervalle et puisque leur set le vaut amplement, l’excellence du rock de The Sixth Road, formation amienoise dotée d’un carnet de “songs” de choix, brutes (Come on et ses voix croisées) ou plus modérées mais sans perdre de leur décisive tension (7 deadly sins, Kickass et ses déboulés rythmiques), d’un bel allant et dont les influences ne s’avèrent jamais trop décelables, preuve de leur capacité à les investir adroitement. Un quintet qui me fut révélé à la Fête de la musique amienoise de cette année, dont les qualités se confirmèrent en ce samedi décidément peu commun et qui, avec un EP en préparation, devrait de nouveau faire parler de lui en termes élogieux.


Deportivo

Serrés dans la pénombre donc, éclairés par deux modestes spots, ni plus ni moins, dans une configuration qu’on pourrait qualifier de “garage” et que le cadre du “Charlé” rendait plus attractive encore, Deportivo, aussi hilare que consciencieux, visiblement et des ses propres termes heureux d’être là, a livré en la circonstance, outre un concert rageur, l’exemple même de ce qu’un groupe doit être: humble, accessible, généreux et pas forcément regardant au gain lié à ses prestations. Soucieux, avant tout, de faire et se faire plaisir à grand renforts de poses rock (un guitariste incisif et spectaculaire en la matière) sans artifices, d’un jeu ajusté mais pas excessivement “carré” -et on s’en réjouira-, assez débridé pour séduire durablement, et de petits hymnes maison, le quintet a raflé la mise et injecté une sacrée dose de bonheur à l’assistance du soir. On osait d’ailleurs à peine y croire…jugez donc; “Depor” au Charleston et pourtant, en plus de réaliser sur vérifier sur pièces, c’est à un set de tout premier ordre que nous avons ce soir eu droit, dans la lignée en plus remonté encore de celui que Corbie quelques mois auparavant, à l’occasion du Picardie Mouv. Le tout étant joué avec une indéfectible énergie et en mettant en avant -là encore, on s’en félicitera- l’aspect le plus rude des compos de Jérôme Coudane et ses acolytes.

Pari assumé et largement relevé, donc, par Deportivo, que cette date de dernière minute explosive et mémorable, qui donne en plus de son impact sonore l’envie de se replonger dans l’ambiance chaotique et enflammée des concerts “made in caf’conc”, malheureusement devenus trop épars.

Photos William Dumont.