Polder – White out

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Evocateur, par son nom, d’un paysage à fois terrestre et marin, Polder reflète dans cet album l’idée de spectacle sonore en imposant, sur neuf titres, des vignettes folk sages, à deux voix, et des essais plus encanaillés que le saxophone de Matthieu Lebrun orne. Le résultat s’avère assez vite accrocheur et évite par ce biais l’ennui, les quelques trames moins tranquilles comme le superbe et presque bruitiste Movement lui donnant le cachet nécessaire à s’imposer. Autour et sur le début, Tremble et les morceaux suivants, pour la plupart, instaurent un folk ombrageux et élégant, troublé donc par des ouvertures qui s’éloignent gentiment des conventions et rappellent en cela, en moins cadencé, les excellents Morphine. Les deux “penseurs” du groupe, Thomas Seron et Pascal Lapeyre, créent des trames fines, subtiles, à l’acoustique de choix, sur une durée courte donc idéale, et la voix de Delphine Sartore rejoint celle du premier nommé pour enjoliver cet album doux-amer (Bird), souvent attractif.

Dans l’option exclusivement douce, Ophelia dévoile de bien belles plages sonores, de même que Neil. Et sur un mode lo-fi, on se régale d’un plus que bon Feeler. Et la fin de l’opus, avec les doux crissements de Moon puis le saxo plus feutré de Baltic sea, conforte le tout dans son équilibre entre instants chatoyants, dominants, et embardées plus déviantes, peut-être pas encore assez poussées mais qui, ici, ne portent pas atteinte à la qualité de ce White out personnel et bien conçu.