Miossec et Eiffel aux Zicophonies clermontoises (18 et 19 mai)….

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Pour leur 17ème édition, les Zicophonies de Clermont de l’Oise offraient cette fois encore un plateau puisque Miossec et Eiffel, conjugués à une pléthore de groupes régionaux marquants, en étaient successivement les “vedettes”. La soirée du vendredi voyant les isariens de Buddy Hemlock et leurs relents 70’s ouvrir avec brio pour le brestois, magistral qu’il joue “soft” ou, à l’image d’un dernier album griffu, plus rentre-dedans. Des musiciens de Montgomery et Dominique A l’accompagnent et, de pair avec son charisme de longue date -il y a chez Miossec du Arno dans les attitudes et une théâtralité jamais forcée-, font de ce concert un moment d’ores et déjà précieux. Rien à rajouter, donc, le set du Breton parlant de lui-même tant sur le plan sonique que dans le jeu de scène et, soulignons-le, un verbe adroit, composante indispensable de l’impact de notre homme.


Eiffel

Passé cette soirée courte mais accomplie, une gamme de genres variés allait se déployer le samedi entre scène A et scène B, cette dernière en mode plus acoustique. Et de la fougue rock perfectible des jeunots The Cartrax à Empire of Noise et son pop-rock grungy de belle facture, nous pûmes profiter d’effluves reggae (Positiv’ Sight) ou métal (Split Brain, Kernaoth), entre autres formations prometteuses. Qualitativement comme quantitativement, impossible de ne pas y trouver son compte, en dépit du côté prévisible de la plupart, rattrapé par le niveau de leurs registres respectifs et la largesse stylistique permise par le nombre et l’évènement. Room on fire, au rock ici plus fin, plus chatoyant qu’à l’habitude, ou Elegant Fall et sa pop fine ou fougueuse, s’illustrant parmi d’autres et rendant l’attente, avant un Eiffel forcément…attendu, bien plus que supportable.

Miossec

Soulignons, aussi et surtout, l’incroyable qualité de l’organisation, la taille volontairement humaine des Zicos et la proximité qui en émane. Le plaisir trouvé, également, à y déambuler, avant le plébiscite accordé à Eiffel, drivé par un Romain Humeau pas très éloigné de son ami Cantat bien que moins frontalement rock et, globalement, plus mesuré. On suit Eiffel, dans ses embardées rock donc, moins dans ses instants “cordés” et le public, lui, ne s’embarrasse guère de ce genre de considération; à grands cris et à coups…de photos et d’applaudissements nourris, il hisse la clique bordelaise sur un piédestal. Celle-ci le lui rend bien et lui sert des attaques rock toutes guitares dehors, tempérées par des plages plus douces, parfois trop communes mais qui font mouche et se veulent dans l’ensemble abouties, assez racées pour rafler la mise. La juxtaposition de ces deux groupes phare et des bandes de la région, parfaite, permettant une édition 2012 de premier choix, entre émergence (No name for all), découvertes (Anamorphose) et confirmations donc (Room on fire). Des “vétérans” (Os’Moz et son rock poppy ou enfiévré) côtoyant donc des “jeunots” dont il sera intéressant de suivre les prochains pas.

Excellent cru, donc, que ces “Zicos” 2012 également valorisées par les Psyko Birds, Never Road et autres Mixtape radio, dans l’attente d’une édition 2013 qu’on pressent déjà au moins aussi attractive.

Photos William Dumont.