Underworld – 1992-2012 The Anthology

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Pour marquer ses vingt ans de carrière, le duo electro-house-rock Underworld sort une Anthologie regroupant les recueils de ses singles, réactualisés, avec seize versions intégrales de ses classiques, accompagnés ici de neuf titres rares ou inédits. Plus complète qu’A Collection, qui sort dans le même temps, cette compilation constitue un formidable retour sur l’oeuvre de Rick Smith et Karl Hyde, et débute d’ailleurs, sur le cd1, de façon imparable avec Big mouth et son harmonica, longue transe house de folie, puis Mmm skyscraper I love you, épopée electro souterraine tout aussi trippy. Les deux nous tenant en haleine, ou plutôt sous leur emprise, sur plus de dix minutes. C’est aussi le cas de Red et des treize autres morceaux des cd 1 et 2, hymnes de la paire anglaise qui nous embarque inlassablement, sans jamais nous éprouver (réelle prouesse quant on prend en compte la durée conséquente de leurs plages), dans des embardées entre electro, rock et house, le tout savamment dosé et aussi dansant qu’incisif. Des voix noyées de Spikee au très house Dark and long (dark train), relevé par les voix (c’est, aussi, ce qui fait l’intérêt d’Underworld: allier voix dignes d’intérêt et trames instrumentales bluffantes, dont la longueur n’altère jamais la valeur), il y a déjà dans le premier volume de quoi se satisfaire et entamer des “loopings mentaux” dont on ne ressort pas indemne.

Le second n’est bien sur pas en reste, avec en ouverture l’énorme Born slippy (nuxx), percutant, et huit autres réalisations spatiales, puissantes, aux sons inlassablement géniaux, générateurs d’effets secondaires jouissifs. Entre le finaud Jumbo et Scribble, saccadé, aux climats changeants bien imbriqués, en passant par, entre autres pépites, Pearls girls et les basses énormes de Moaner, la transe est de mise et le contenu soulèvera n’importe quel amateur, ouvert, du brassage initiéepar Smith & Hyde. Lesquels imposent aussi, ensuite, les parties tribales de Two months, plus “poppy”, bien breaké, ou des basses à nouveau massives, démentes, sur un Crocodile dont le côté moins trépidant étend la palette, personnelle, du groupe.

En guise de troisième volet, se présente un bonus d’autant plus intéressant qu’il inclut des morceaux inédits, intéressants d’emblée (l’obsédant The hump et sa suite d’accords de basse entièrement jouissive), dont un Minneappolis détendu du plus bel effet. Et de façon générale, des plages au déroulement plus nuancé, moins fonceur, comme l’estimable Parc (live). Avec dans cette série un raté, trop insignifiant, sans relief (Simple peal), que rattrape vite Jal to Tokyo, aux voix robotiques, symptomatique par ses rffs détournés de l’esprit rock qui, au beau milieu de ces déferlantes electro, anime Underworld.

Superbe et indispensable compil’ donc, qui met à la fête, avec le récent retour d’Orbital, une mouvance electro concernant des “vétérans” décidément fiables à l’extrême.