Erevan Tusk – Fortify your innocence

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Né en 2008 de la rencontre d’un Starboard Silent Side (belle référence) et d’un Rrose tracet, Erevan Tusk s’est depuis vite fait remarquer et sort aujourd’hui son premier album, un Fortify your innocence gavé d’une pop fraiche, exaltante et exaltée, qui peut se faire aussi percutante (l’étincelant Frostbitter) que mélancolique (From the steeple spine) et irradie littéralement sur la première moitié de l’opus. R.E.M. a même été évoqué à l’endroit de ces jeunes gens bourrés de talent et à l’écoute, on comprend le rapprochement tant la capacité des parisiens à jouer une pop à divers atours frappe ici les consciences.

De la pop-folk du magnifique Cassidy en ouverture en passant par ce In your shadow très…R.E.M. justement, dont Erevan Tusk réussit la prouesse d’égaler la splendeur et la force  émotionnelle, pour aboutir à One of these days et sa douce allégorie, ses voix alliées magnifiques, que suit l’excellentissime Truth or dare, l’un des titres les plus fougueux de l’ensemble, on décèle d’entrée de véritables joyaux.
L’intensité a beau baisser ensuite, le posé Mammoths et ses belles cordes annonçant une suite calme, le niveau demeure élevé, prenant des airs plus folk (Kebnekaise, finaud et enchanteur) voire british sur Phrasal show dont les mélodies évoquent les Beatles. L’ornement est de choix, modéré, et distingue l’aérien Punctured lung qui suit, à la fin enlevée.

On ne regrette qu’une chose sur ce second volet: le peu d’envolées fiévreuses, que la qualité générale fait passer bien que By the larches, l’avant-dernière chanson du disque, se montre tranquille, dévoilant elle aussi des voix et une instrumentation de toute première qualité.
C’est ensuite à Ivy ghosts, leste et presque noisy, qu’il incombe de mettre fin à un bien bel album, ce qu’il fait donc dans un premier temps de façon bourrue, pour ensuite réinstaurer une pop majestueuse. faussement tranquille.

L’essai est donc brillamment transformé, globalement de grande valeur, truffé de pépites précieuses; il ne lui manque, pour faire la fine bouche, qu’un ou deux moments rageurs pour en faire une oeuvre parfaite. On n’est cependant pas éloigné, loin s’en faut, du coup de maitre, Fortify your innocence incitant fortement au fil des écoutes à s’y replonger avec délices.