L’envoûtement Zola Jesus au 106 de Rouen…

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Enième belle affiche “underground” proposée par le 106, la venue du Zola Jesus de Nika Roza Danilova, les locaux de Love in Cage se chargeant de la première partie, constituait une affiche immanquable, placée sous le signe de la cold-wave mâtinée d’electro et d’un certain magnétisme féminin.


Love in Cage

Isthmael, le chanteur de Love in Cage, rétablissant d’emblée la parité de cette attractivité par un charisme froid, à la manière d’Andrew Eldritch des Sisters of mercy. Parfaitement épaulé par l’expérimenté Alexis aux guitares et Marielle, parfaite à la basse et aux claviers, à la beauté glacée qui ajoute à l’attrait du show, le frontman et son groupe, auteurs d’un Position sans défauts, paraphent donc un set de classe, electro-cold et souligné par des projections elles aussi bien senties La formation rouennaise, dotée d’atouts certains, les met ici en évidence et démontre une cohérence de bon augure, en plus d’un répertoire certes à étayer, mais déjà solide dans le contenu, dont les penchants froids produisent sur scène un effet significatif. Avec, de surcroît, un nouveau titre qui voit l’élément féminin du groupe investir le chant de manière à la fois sensuelle et encanaillée, pour une conclusion parfaite. Belle symbiose et excellente ouverture donc, pour des Normands à suivre comme beaucoup d’autres issus de la région.


Zola Jesus

Régional, Zola Jesus ne l’était pas puisque venu de Phoenix, avec à sa tête une dame dont le souhait original était de devenir cantatrice. Bien lui en a pris puisque sur les planches du Club 106, elle dévoile des postures et une prestance vocale en phase avec ses intentions de départ, le tout sous couvert d’une beauté froide et d’un registre aussi cold qu’éthéré, que Nika Roza anime parfaitement au milieu de trois musiciens (violon/batterie/claviers) aussi statiques que déterminants. Il y a dans ce répertoire du Dead Can Dance, du Cocteau Twins et des références classico-cold parfaitement imbriquées, Zola Jesus disposant depuis maintenant trois albums d’un genre auto-défini de nature à attirer dans sa nasse un panel d’auditeurs large mais avisés. La gestuelle de cette charismatique chanteuse valorisant d’autant plus l’ensemble, qui dessine les contours d’un univers prenant sur disque et plus encore en live, avec pour effet de nous faire passer un moment magique. Le non-positionnement entre cold, atmosphères brumeuses, séquences electro discrètes et écarts sonores bienvenus, ou plutôt l’habileté de leur confrontation, font de Zola Jesus et de son expressive leader un groupe à part, hautement estimable, qui met fin de manière remarquable donc à une soirée ensorcelante.

Photos William Dumont.