Un Quai des Jeunes de printemps dominé par The Void et valorisé par Mystified…

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Organisé par Acouzic, le Quai des Jeunes est l’occasion de belles découvertes et de confirmations, comme ce fut le cas récemment pour les amienois de Sobo, éclatantes.

Ce samedi, il y eut d’abord une semi “plantade” avec Tony Kwyjibo, trio manquant cruellement de consistance, de charisme aussi, entre un chant creux et une instrumentation, et des compos, sans réel attrait. Son punk-rock electroide, simple, est pourtant doté de bonnes idées -les samples, parfois judicieux-, mais pour le coup, c’est plutôt l’ennui qui point à l’écoute de sa prestation. Copie à revoir donc, pour une formation encore jeune et perfectible.

Tony Kwyjibo

Heureusement, le Mystified de Jess Allanic, talentueuse brunette au chant racé, à l’instar de son jeu de guitare, rattrape ensuite, par son rock “heavy” et bien exécuté, en trio, le faux-pas en imposant un registre qui doit autant au grunge qu’à des éléments brièvement classiques, ou encore à des groupes vocalement singuliers comme System of a Down. Ici, la surprise est de mise et le registre sans défauts, et on attend de ce fait la sortie d’un ep, prévue pour la fin de ce mois, qui sera le premier de trois, au total, conceptuels et destinés à narrer l’histoire de deux mondes singulièrement différents.
Le leader féminin est de plus bien épaulé par sa section rythmique, le groupe se distinguant ainsi grandement avant une logique et prochaine participation au Fallenfest parisien. On ne manque ni de talent ni d’idées, entre mélodies et énergie bien investie, le tout étant de continuer à oeuvrer à l’avenir avec autant de maitrise à instaurer un univers individuel, entièrement détaché de ses influences.


Mystified

C’est en tout cas en bonne voie et Mystified aura en cette occasion livré un bon set, avant les très attendus The Void. Le groupe d’obédience british, lui aussi hautement talentueux, investissant la scène avec une belle présence et, comme de coutume, un carnet de “songs” parfaitement jouées, d’une irréprochable qualité. Entre sensibilité pop et instants plus ouvertement énergiques, rien à jeter chez le Void, à la symbiose affirmée, dont d’aucuns pourront arguer qu’il ne surprend guère, eu égard à la nature très anglaise de son jeu. Mais peu importe, le quintet a bien vite digéré ses influences et imposé sa patte, de même qu’une cohésion, et une cohérence, que renforcent des titres de la trempe de The final sublime, par exemple. De plus en plus pertinent, libéré et véhiculant désormais une attitude avenante, voilà un groupe qui s’il perdure, est de toute évidence en mesure de titiller les plus belles références du genre, fort d’ambiances à la fois feutrées, subtiles et d’un bel impact, et bien étayées, sans excès, avec la justesse des plus aguerris.


The Void

On sait qu’avec ce groupe, l’ivresse pop sera de mise, la distinction également, le tout mâtiné d’éléments rock ou psyché qui fleurent bon le Liverpool et sa trentaine de “wards”. Et le groupe drivé par la paire Ken/Fardel, brillant, mène son petit bonhomme de chemin de façon réfléchie, sans hâte dommageable, pour un rendu pour l’instant de belle facture, illustré par des “gigs” étincelants tel celui du soir.

Photos William Dumont.