The Rebels of Tijuana – La bourgeoise

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Instigateurs, sur un album et deux EP’s, d’un rock’n’roll yéyé chaud comme la braise, de base pop/garage chanté  principalement en Français et aussi très classieux, les Rebels of Tijuana remettent le couvert sur ce nouvel opus fourni, fort de seize titres aux tendances diverses. La réussite est de mise, les ressortissants de Lyon et…Genève étant très vite parvenus à imposer ce style riche, dont la cohérence et la diversité ressortent sur La Bourgeoise.

Ainsi, on oscille entre plans acoustiques vifs mais veloutés (I’m leaving my way), yéyé endiablé (Johnny Marr et son refrain mémorable, lettré aussi) ou plus posé bien que rythmé (Bleu), doté comme souvent chez ces musiciens d’une “bien belle gueule”. Le panel abordé est vaste mais jamais décousu, Mustang est égalé, dépassé même, sur le plan de la “pop n’roll” rétro et des rocks bourrus (Mauvais trop child) étoffent le tout avec brio. On pense sur ce titre et d’autres à un Dutronc encanaillé, tandis que le dépaysement pointe par le biais d’une gamme d’instruments élargie, bien investie. Le changement de rythme et de ton de ce titre fait mouche, de même que la plupart des compos nouvellement présentées, tel ce Complètement stone simple, cuivré et cadencé dont le refrain, ici encore, en marquera plus d’un. Une autre variation dans la rythme rend le morceau irrésistible, incoercible, avant que La Chimère, apaisé, en joli contraste par sa chatoyance musicale avec les plages sauvages de l’album, n’honore l’orientation plus “distinguée” d’Alex Kacimi et ses acolytes.

Par la suite, c’est un Gainsbourg funky et electro qui pointe sur La bourgeoisie (part 1), superbe, , qui trouvera en  toute fin de parcours son pendant rock’n’roll, imparable, fonceur et psyché aussi, sur sa  Part 2.

La boucle sera ainsi magistralement bouclée et avant cela, un Nazz fulgurant, bien qu’assez court, aura inauguré un enchainement de qualité, allant de Les cryptones, tranchant et fort de choeurs féminins avenants au bluesy/country Stax, stylé à l’instar des autres chansons. En y ajoutant Dr Gonzo, au jazz/blues/rock enfumé et plutôt grinçant, ou Gigolo, fait d’un garage racé et savamment orné, avec goût et sans en rajouter, et l’éphémère mais marquant Sa majesté, voilà un disque sans fautes, pétri de classe et d’une énergie pensée, exprimée de façon frontale ou plus modérée. Avec, comme trait commun à l’ensemble, une foutue classe et une belle capacité à bâtir des hymnes garage loin de l’uniformité.