We Have Band et Sobo enflamment une Lune pleine à craquer…

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Bien belle affiche que celle unissant We Have Band et Sobo, qu’on pourrait presque considérer comme son “disciple” au vu du talent de la troupe amienoise.

Belle affiche donc, et salle copieusement garnie de fans parfois , pour une minorité, extravagants, toutefois gâtés par les énormes prestations des deux groupes. Sobo, comme à son habitude, signant un concert racé, flanqué de trois nouveaux morceaux sans failles. A son brio habituel, le quintet adjoint un coté prolifique qui renforce son intérêt, et gagne de ce fait en envergure. A la fois sauvage et pensé, bardé de sons démentiels (pour résumer, les motifs de Space time), plébiscité dans le même mouvement par l’entourage, les proches musiciens et les “scribes” et se voulant le reflet d’une cohérence acquise, voilà un concert, sous pression puisque local et “Lunaire” et qui plus est en ouverture d’un We Have Band ayant le vent en poupe, une fois de plus épatant et maitrisé.


Sobo

L’avancée de Sobo est marquante, remarquable et remarquée et le style renouvelé, entre cold-wave et post-punk, nappes de claviers obsédantes et apport perso sous la forme d’idées de taille et d’un amalgame des courants, et époques, assez bluffant. Et si l’on perçoit ça et là quelques influences, par bribes infimes, celles-ci sont notables, issues de goûts imprenables, et assimilées avec subtilité; les Sobo en tirent la quintessence pour accéder à un rendu qui leur appartiendra. Avec, de surcroît, un équilibre dans les climats, et une variété bien dosée qui les honore.


We Have Band

Les vivas de la salle rendent hommage à ce groupe novateur, de plus en plus performant, avant le set de We Have Band…mené entre autres par une basse phénoménale, qui portera aux cimes des morceaux déjà très bons mais qui se voient transfigurés par la scène. Les londoniens, en quatuor pour les besoins du live, instaurant un groove de folie, allié à un allant, et un impact, renversants. La foule, transportée, se laissant très vite gagner par les compos des deux opus, dont le récent Therion, le jeu de scène et l’intensité des mancuniens. A l’image de Sobo, ceux-ci louvoient entre les genres et si on les qualifie parfois de “disco-rock”, l’appellation est réductrice pour la verve et le talent, la façon aussi dont Dede Wp, chanteuse involontairement charismatique, et ses trois acolytes masculins tiennent à la fois leur jeu et la scène, de même qu’un répertoire qui peut se faire cinglant, mélodique, alerte ou plus céleste tout en gardant une qualité optimale et un côté non-identifiable. Avec, greffé à cela, un côté froid (Visionary) et ces élans synthétiques déterminants (le  bien nommé Steel in the groove).

Impossible donc de ne pas adhérer à une telle régalade sonique, dont on ressort fourbu, éprouvé mais ravi, qui prolonge et étend magiquement le contenu des disques, pour au final emmener haut et loin une assistance et une Lune aux astres ce soir étincelants.

Photos William Dumont.