Yeti lane – The echo show

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Anciens Cyann & Ben, doués à l’extrême et l’ayant déjà matérialisé par un premier album sensible, fait d’une pop chatoyante que tendaient plusieurs essais plus cinglants ou aux bifurcations psyché, Ben Pleng et Charlie B prolongent ici les chemins de traverse de ce superbe premier jet…et font mieux encore avec The echo show, flamboyante plongée dans un univers kraut maitrisé de bout en bout, cosmique et fulgurant à la fois.

D’une grande sensibilité, subtil et sonique, porteur d’une chanson sublime (Warning sensations et sa splendeur pop amenée par une voix songeuse, des claviers aussi simples qu’enivrants et des riffs retenus, un délice!) associée à nombre de réussites éclatantes et haut perchées, The echo show débute sur un Analog wheel progressif complètement spatial, fouetté par des guitares nerveuses, et voit d’emblée la paire de chez Clapping music se hisser au niveau des Spacemen 3, entre autres noms de référence, en instaurant des entrelacs sonores de haute volée. La voix, brumeuse, surfe sur une instrumentation tumultueuse, et se mettra à nu sur le dénudé _ _ _ _, quatrième et dernier interlude présent sur l’opus et qui d’ailleurs le clôt.

Entre deux, on se prend en plein mental The echo show, saccadé et agité tout en maintenant une voix céleste, et un Logic winds du même tonneau. L’énergie et les penchants soniques de Yeti lane se fondent avec le plus grand naturel dans des textures mélodiques et célestes du plus bel effet et de ce procédé résulte une forme de souplesse pleine d’allant. Il n’y a ici rien à jeter, seuls certains interludes se montrant trop brefs pour être significatifs. Et même sur une plage sereine, Alba, la magnificence  du propos catapulte l’auditeur dans des sphères enchantées encore rarement explorées. Barbara Silvertone et Jane Mosconi s’y distinguant grandement sur le plan vocal pour enjoliver l’ensemble.

Dead tired s’amorce selon cette même veine sensitive, avant de hausser la cadence sans s’emballer outre-mesure, enfantant une pop une fois de plus splendide. Ceci avant que des élans rugueux ne viennent l’  “endommager” avec brio. Puis Sparkling sunbeam, fin mais soutenu dans le rythme, porté par la voix de David Iva Herman Dune, prolonge l’effet énorme d’une nouvelle oeuvre surprenante de talent Le leste et hanté Faded spectrum, zébré de sons de guitare acides qu’épaulent des synthés pour le moins “nuageux”, mettant fin, avec en conclusion une dernière minute orageuse à souhait, à une sortie à placer, d’ores et déjà, parmi les réussites les plus prenantes, et éclatantes, de 2012.