Interview de Mechanism for People, nouvelle référence electro-shoegaze issue de Vierzon

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Questions à une “paire” shoegaze hautement talentueuse, auteure d’un Never reach for the stars de haute volée.


1.Pour commencer, d’où vous vient le nom du groupe?

Au début du groupe,on a commencé par quelques titres un peu noisy pop, et dans l’un d’eux , il y avait ces paroles: «arms and legs fallin’ down from heaven, mechanism for people ».
On a repris ces paroles comme nom de groupe.
La première raison est strictement sémantique: « mechanism » pour le côté séquentiel de la musique, « people »pour le côté universel de la démarche « faire de la musique».
 La seconde raison  évoque un sens un peu plus social, et dual: la déstructuration corporelle  de l’être social dans le système actuel, et la mécanique sociale de classe qui pourra le sauver pour peu qu’il prenne en main son destin en s’unissant.2.Comment vous situez-vous du point de vue du style musical pratiqué, que je considère pour ma part comme « hybride » et difficile à définir précisément?

Hybride est le bon mot, en mutation en est le complément.
Un style mutant alors…en grand fan des X-men   que nous sommes , cela nous convient parfaitement! Le fait est que nous cherchons  et expérimentons  beaucoup , d’où une musique aux croisements de plusieurs sources d’inspiration.3.Le passage d’un trio à un duo, qui plus est « en couple », a t-il eu une influence sur votre manière d’agir et de travailler?

Bien sûr. Les choses sont plus simples et directes, dans leur organisation et dans leur intention. Il n’y a pas de retenue pour exprimer ou échanger nos points de vue, nos  projets. Nous n’avons pas tous deux exactement  les même gouts musicaux,  nous partageons la même façon de vivre la musique, et de la faire vivre.
Il y a ainsi une façon de faire naturelle,  une vision commune de la pratique de la musique et la place qu’elle tient dans notre vie, Le revers de la médaille, tu imagines bien, est  lorsque la musique prend le pas sur  le quotidien ,ou pire , l’inverse.

4.Comment se passent l’écriture et la composition dans le groupe?
Vous arrive t-il de collaborer, ou Mechanism for people est-il avant tout réduit à vos deux personnes?

La composition et l’écriture sont de Fred , les morceaux sont travaillés ensuite à deux pour les sons et les arrangements.
En studio ou sur scène  Mechanism for people est réduit à nos deux personnes,
Les collaborations sont personnelles et ponctuelles(fred avec Nicolas Albert G , Cyrod /Aicha pour une compil hommage à Mark linkous  avec Martial des disques normal)

5.Y’a t-il eu selon vous une évolution entre la sortie de The other turns to shadow et celle de Never reach for the stars?

Oui.  Le son, l’ambiance.
Nous avons tenu  à alléger le son ,sonner moins rock, des morceaux sont plus dreampop -disons shoeagaze (when it’s over) -. Il y a plus de liberté dans cet album et moins de rugosité que dans le ep. Never reach for the stars  est plus complexe que le ep en ce qui concerne les ambiances.6.Mechanism for people est-il « passéiste » car influencé par des groupes comme Joy Division ou My Bloody Valentine, ou délibérément actuel et destiné à « botter les fesses » de ces nombreux groupes de jeunes encore trop « copieurs »?

On ne se pose la question, Les influences que tu cites existent mais nous ne sommes pas  pour autant passéistes,  à la rigueur un peu nostalgiques mais pas question pour nous de refaire ce qui a été fait, et bien fait.
Nous détestons il est vrai la ritournelle, la comptine  ou cette facilité à créer du rien pour rien.  Et  on a donc notre propre identité en cherchant, en créant et même l’ambition d’apporter quelque chose de nouveau.
Pour ce qui est des jeunes, les groupes  « trop copieurs », nous ne les écoutons pas,de fait. Nous nous sentons plus proches de la scène electro française (Danger,Data…),non par le style mais pour l’esprit , la créativité, un truc non figé .

Au niveau international,on se sent proche bien sûr de la scène shoegaze actuelle (93millions miles from the sun, screen vinyl image,stellarscope..), aussi groupes allemands (the history of coulour tv)qui ont su renouveler le genre, nous avons d’ailleurs participé à plusieurs compilations avec certains de ces groupes..

7.De quoi traitent vos textes?

Pour résumer,Ils expriment globalement une certaine difficulté à exister ,  à vivre.
Des textes emplis de beaucoup de contraste d’ombres et de lumières on va dire.

8.Quel est l’accueil qui vous est réservé, sur le plan discographique et scénique? Est-il selon vous difficile d’avancer dans ce milieu âpre que représente le rock?

En tant que groupe underground  un bon accueil de façon générale,notre travail est  reconnu comme un travail de qualité dans les chroniques  ; on finit par trouver notre place, une forme de reconnaissance.
Pour autant ,cela ne débouche pas nécessairement sur de la programmation live ou des ventes de cd, mais c’est un peu général en ce moment.
Nous avançons quoi qu’il arrive, on continue à enregistrer nos morceaux , à les  diffuser sans se poser de question sur le milieu du rock.

9.Votre positionnement peu conventionnel du point de vue du genre, plus « underground », n’est-il pas une entrave à cette évolution, ou tout au moins à une reconnaissance large?

Oui c’est sans doute une entrave à une diffusion large,cela est surtout vrai en France.
Nous n’entrons pas dans une case stylistique  commune à un large public  
Cependant , il en est tout autre à l’étranger ou la reconnaissance est plus facile car le genre musical dont nous sommes proche et notre positionnement est plus répandu.10.Vous êtes chez Les Disques Normal. Est-ce pour vous une bonne structure, est-elle perfectible sur certains points et quels sont à votre sens ses atouts?

Cela fait un moment qu’on est chez eux oui! Dès le début ça a collé.
Il y a le côté label bien sûr , mais avec le temps il y a également une confiance réciproque, ce qui fait que l’on demande souvent son avis à Martial sur certains titres, il a même masterisé certains de nos titres (une super reprise de piano fire de sparklehorse), et la collaboration se prolongera à d’autres domaines dans le futur.
La structure se perfectionne donc d’elle-même avec le temps!
Le plus dur est le booking, mais ce n’est pas que l’affaire d’un label uniquement…Avis aux bookers d’ailleurs ; MFP a un très bon set tout prêt!!

Myspace MFP