Belle nuit de l’alligator à la Lune des Pirates avec entre autres la claque Mama Rosin…

0
575
Les Nuits de l’Alligator, organisées dans plusieurs villes et salles de France, constituent souvent l’occasion de faire d’excellentes découvertes et pour le coup, le public amienois a pu en faire trois dans la même soirée avec peut-être en point d’orgue les Suisses de Mama Rosin et leur valse-cajun  d’esprit rock endiablée.


Lewis Floyd Henry

Le londonien Lewis Floyd Henry, en one man-band génialement éclectique, avait déjà parfaitement inauguré les débats, jouant un répertoire situé entre rock bourru et bluesy, mélodique ou plus dépenaillé, et fusion crue, chant rap et riffs rock se côtoyant pour un rendu de haute volée. One man and his 30w prawn, son “debut album”, délivre d’excellents morceaux que la scène transcende et passé ce moment plus que plaisant, voilà les hostilités lancées de manière idéale, et une première surprise de taille à mettre à l’actif de nos yeux et oreilles.


Dirty Beaches

Suite à cela, le Dirty Beaches d’Alex Zhang Hungtai, déjà probant en octobre dernier à Rouen, a imposé ses morceaux sombres, expérimentaux, d’autant plus captivants qu’en l’occurrence, un percussioniste jouant debout sur une batterie electronique dotait l’ensemble d’un rythme charpentant efficacement les plages, magiques et prenantes, du batoudeur taïwanais/canadien. Entre clins d’oeil à Suicide (Speedway king, Horses ou encore Sweet 17, trio de chansons hantées et passionnantes), et douceur elle aussi obscure (True blue, un magnifique Lord knows best), après des détours par des réalisations plus ouvertement expérimentales, Dirty Beaches, animé entre autres par la folie de son leader et les interventions remarquées de son saxophoniste, fait mouche et valide ses travaux ainsi que sa prestance scénique.


Mama Rosin

Ce n’est toutefois par terminé puisque Mama Rosin, trio fort d’une

“LIVE ZYDECO BLUES CAJUN TRASH R’N’R MUSIC” comme décrit dans sa bio, va pour finir faire chavirer le public et l’emmener dans une danse frénétique pour certains. Une formation hallucinante de vigueur et de cohérence, jouant avec un groove et une énergie étonnantes et, surtout, instaurant un genre novateur, entre valse encanaillée, cajun déviant et garage à l’accordéon sans qu’on puisse réellement le situer, et s’appuyant sur une incroyable collection de morceaux issus d’une discographie aussi fournie que leur concert fut intense. Deux d’entre eux se retrouveront même dans le public tant la communion fut ce soir-là totale et optimale. Et la claque live et stylistique retentissante, à l’issue d’une soirée réussie de plus initiée par la Lune des Pirates.

Photos William Dumont.