Moonman and the unlikely orchestra – Mascarade labyrinthe

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Groupe, trio pour être précis, issu de Paris…et Compiègne dans l’Oise, Moonman and the unlikely orchestra parfait son propos sur ce nouvel album, suite plus qu’accomplie au déjà prometteur Necessary alibis.

On prend d’autant plus de plaisir à l’écoute que le rock estampillé 90’s de Michel Malégéant et ses complices prend ici un tournant plus radical, adouci par une compo doucereuse, et aboutie, comme Bubble boy et sa jolie alliance vocale.

Avant ce titre de fin et parfaitement lancée par le Wings of fire inaugural, franc et à la fois noisy et lo-fi, changeant dans ses humeurs et se hissant au niveau d’un Sebadoh, on trouve une dizaine de plages parfaites, qui aiguisent notre nostalgie d’une époque de toute façon mémorable et ici savamment reliftée. Blonde Redhead pour la sensibilité pop, Sonic Youth pour le bruitisme et les “lutins de Boston” pour les riffs coup de trique, Foil pour l’amalgame parfait de tout cela, et des changements de cadence et de climats parfaitement en place: tout est réuni et à l’arrivée, voilà un opus français capable de coiffer sur le poteau les prétendants étrangers.

Les accalmies faussement sensitives (Do you really want me?) font corps avec les assauts jouissifs et saccadés (Big drift), des guitares volubiles animent l’ensemble, à l’unisson avec un chant lui aussi 90’s, et les mélodies répétées, fatales (Fail to surprise) font mouche de façon immédiate. La rage et l’énergie, le brio instrumental de Monnman font le reste et le premier volet prend fin sur la pop raffinée de Deity girl, superbe contrepoint aux essais soniques précédents et équivalent d’un Moore and Co dans leur versant apaisé.

La singularité des groupes Greed Recordings est illustrée sans faux pas, le long format riffant de The glorious ways of Don Corleone, entre coups de semonce et pauses destinées à relancer la machine, se montrant à son tour convaincant, imité en cela par Ace of space, lui aussi versatile et solide à souhait.

Enfin et avant le Bubble boy cité plus haut, l’allant d’un  Hit the floor direct, noisy, et de Randomizer, un peu dans cette même veine débridée, nuancée quand et comme il le faut, officialisent l’irréprochable tenue de cette nouvelle sortie d’un label aux formations et productions de hauite volée, à l’instar cet époustouflant Mascarade labyrinthe.