Wino & Conny Ochs – Heavy kingdom

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Duo à l’acoustique ombrageuse et batailleuse (Vultures by the vines), Wino & Onny Ochs use de celle-ci, superbement maitrisée, pour imposer un premier album de choix.Tourmenté, celui-ci exhale à la fois chaleur et allégorie (Somewhere nowhere, excellente entrée en matière), et porte en lui une classe incontestable, jonchée de sautes d’humeurs décisives comme sur Heavy kingdom. On pense pour ce côté abimé aux oeuvres acoustiques d’Alice in Chains, et on profite pleinement, dans le même temps, de la pureté qui se dégage des onze titres du disque.

L’attaque est “offensive” dans le jeu de guitare, le chant enchanteur et désabusé (Dark ravine), les voix associées, à l’occasion, font merveille, et le climat ainsi élaboré envoûte autant qu’il incite à l’introspection.

Par la suite, la qualité demeure, seule l’absence de voix sur deux titres faisant baisser l’intensité, que Highway kind remet en selle avec une touche de “gaieté” avant que l’organe vocal remarquable de Dead yesterday, allié à des accords magnifiques, ne fasse définitivement pencher la balance du bon côté. Le rock des deux bonshommes souffle une puissance semblable à celle d’un combo électrique et, émotionnellement, surpasse n’importe quelle formation électrifiée. Here comes the siren instaure même une électricité bridée, torturée, en son début, et une belle intensité, puis la sécheresse de ce même Here comes the siren prolonge l’effet de ce Heavy kingdom remarquable.

Enfin, ce même penchant à déployer une acoustique cinglante anime Labour of love, qui conclut merveilleusement, avec rage, un disque addictif, différent et qui d’emblée, place sa paire génitrice à un niveau élevé.