Baxter Dury à la Rock School Barbey

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Quelle meilleure introduction que Baxter Dury pour ouvrir en musique le mois de décembre ? Les amateurs de musique électronique avaient certes rendez-vous à l’iBoat pour voir Tarwater, mais la pop a attiré beaucoup de monde, car la Rock School Barbey est bien remplie, même quand Pendentif entre sur scène.

Ils sont jeunes, ils ont le sourire, ils chantent en français. Oui, leur musique est “verte”, surtout dans les textes, qui évoquent souvent la plaisir simple vivre le sourire aux lèvres. Cela peut paraître niais, mais en fait, j’ai trouvé leur enthousiasme, leur plaisir d’être là parfaitement en cohérence avec leur pop énergique, joyeusement légère, qui ne promet pas d’autre horizon que des plaisirs et des peines simples, presque banals : amour, amitié, courir dans l’herbe et profiter de la vie. Cela peut paraître un programme a minima, mais la musique de Pendentif a le mérite d’une énorme sincérité et joie de vivre, et c’est déjà beaucoup.

Baxter Dury, c’est autre chose. Déjà, il entre sur scène visiblement entamé, au moins autant que la bouteille de rouge qu’il a à la main. Son groupe (batterie – guitare – basse – claviers et voix) semble en bien meilleure condition. Mais, ô miracle ! Là où l’alcool laisse souvent le souvenir aux spectateurs d’une prestation ratée, il n’en est rien. Baxter Dury a une classe qu’aucune piquette ne pourra mettre à bas. Il est là, dandy lunaire, imbibé mais plein de gouaille, d’ironie, de plaisir d’être ici visiblement, et en bon entertainer, il anime l’ambiance avec désinvolture entre les chansons. Et quelles chansons ! Commencé sur “Francesca’s Party“, avant de basculer sur la partie “Happy Soup“, le set est sans faille, un parfait récital de no-wave arty mais pas poseuse, qui a l’optimisme mais aussi le réalisme des fins de soirée au pub. Ni ange déchu ni cabossé outre mesure, Baxter Dury est un étendard de la middleclass, avec ses petites fiertés et ses échecs. Des tubes, il y a plein, portés donc par la voix sourde et séduisante de Baxter et le soutien de Madelaine Hart, qui fait bien plus que simple “choriste” : “Isabel“, “Claire“, “Leak at the Disco” (et son clavier jouissif), le classique “Trellic“, “Afternoon” et ses clappements de main, “Hotel in Brixton“, “The Sun” (mon moment préféré du concert). Il y eut aussi “Cocaine Man” (“I wrote this for Bordeaux !“, j’en doute un peu), la sublime “Oscar Brown” (morceau parfait pour chialer dans sa bière), il y eut beaucoup d’autres plaisirs dans cette (trop – je voulais plus, forcément !) courte prestation – 1h10. Mais il n’est pas souvent donné de croiser la trajectoire d’une figure pop aussi marquante, attachante et sympathique. Magnifique !