Une excellente soirée Beatbox, trop peu suivie, à l’Ouvre-Boite de Beauvais…

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Le lendemain de la soirée I love My campus gérée par la Lune des Pirates, l’Ouvre-Boite beauvaisien, l’une des autres salles recommandables de la région, accueillait une soirée initiée par Beatbox avec trois pointures, deux régionales et une nationale, de l’electro large, ouverte d’esprit et, disons-le sans détours, probante en live.


Beyonders

Des Beyonders, amienois aux progrès bluffants depuis leurs débuts, au duo The Name qui continue à oeuvrer efficacement au cheminement de son electro assez club, aux riffs discoïdes détournés, en passant par la paire Christine et sa mixture énergique, cadencée et aussi furieusement rock que dansante, l’évènement a en effet tenu toutes ses promesses et au sortir de la salle beauvaisienne, on se demande encore comment de tels concerts peuvent drainer une assistance aussi restreinte.

Passons et penchons-nous donc, d’abord, sur des Beyonders qui n’ont de cesse de s’affirmer, la présence de Jocelyn Soler, moitié de The Name, aux futs, semblant charpenter plus efficacement encore les compos déjà impeccables de Lucas Gros et ses proches. NB 43 et les nombreuses pièces essentielles du groupe (Curry culum, le fonceur W) etc… dégagent force, allant et, allié à ça, un côté dansant qui donne l’envie, impossible à endiguer, de se trémousser.


Christine

En outre, les Beyonders possèdent et maitrisent une gestuelle qui leur est propre et vivent intensément le moment présent. De changements de rythme bien amenés (ce même W) en fulgurances couplées à des plages plus spatiales, les Picards, à l’image de Sobo, redéfinissent les limites d’un rock electro de caractère, aux claviers obsédants (Huü dadark), et “torchent”, bien que n’ayant pas goûté à la scène depuis un petit moment, une prestation sans temps faible.

Vient ensuite le tour de Christine, duo electro spécialisé dans l’art du collage rythmé et dansant, traversé par des samples bien sentis et des grattes féroces, auquel il est difficile de résister. La paire rouennaise démontre par ce set que ses apparitions remarquées de ces derniers temps ne doivent rien au hasard et se justifient amplement. Elle s’impose comme un duo talentueux, qui imbrique les genres avec brio et les détourne de leur texture initiale pour créer un style qui tout comme pour ses partenaires scéniques d’un soir n’est du qu’à son  ingéniosité. Des voix, féminines la plupart du temps (Death on wheels), et une projection de nature à interpeller consolident le gig de Aeon Seven et Kunst Throw, visuel et énergique, qui marque son monde et dont l’unique défaut serait de s’avérer exigeant sur la longueur. Mais Christine, malgré cela excellent sur les planches, est de ceux qui vous feraient danser “all night long”, adapté tant à la scène qu’aux clubs où on l’imagine particulièrement en verve.

The Name

Il ne reste plus qu’à conclure avec le même brio et The Name, soit David Monet et Jocelyn Soler, va s’en acquitter comme on l’espérait, à grand renforts de riffs disco, de nappes synthétiques trépidantes et de cadences variées, souvent appuyées, concoctées par un Jocelyn brillant derrière les futs. Dommage toutefois que le chant ne prenne qu’une part réduite dans l’univers de The Name, dont je persiste à dire qu’il serait meilleur encore en y recourant plus souvent.

Pour le coup, ça passe et on sent un groupe dans l’évolution, celle-ci se matérialisant d’ailleurs par la sortie EP de belle facture, incluant The journey et Hunt down (avec Clo. de We are enfant terrible), et plusieurs remixes dont un signé…Christine.

La boucle est ainsi bouclée et au moment de tirer le rideau, un regret s’impose, lié à l’écart entre la qualité du spectacle offert et la maigreur de l’assistance présente. En attendant la prochaine soirée Beatbox, qui mérite d’être plus largement suivie.

Photos William Dumont.