Sonic Satellite – Sonic Satellite

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Sonic Satellite, c’est Pierre Dubost, qui s’est fait les cordes (vocales et guitaristiques) dans Tarmac, ou encore avec Sugarbeans et Deneuve avec lesquels, en compagnie de son batteur de pote Jean-Baptiste Ayoub qui l’épaule ici, il a sorti deux albums. Un guitariste croisé sur la tournée Tarmac (Guillaume Fresneau, chanteur-songwriter de Dahlia), complète la bande et les trio ainsi formé, porté par la passion de Pierre pour les Smiths et bien d’autres, et un don surprenant pour la création d’hymnes pop-rock vivifiants, sort ce EP dont les cinq titres, brillants, augurent d’une carrière qu’on pressent, et qu’on espère, étincelante.

Show me the way et ses claviers discrets…nous montre la voie, celle d’une pop vive et forte de mélodies urgentes ou moins empressées, chantée avec classe et aussi savamment ornée, justesse et sobriété aidant, que celle de Marr et consorts. On se met donc d’entrée dans les bonnes dispositions, prêt à “bouffer du tube” et à se remémorer, par le biais de cette sortie bluffante, l’époque des Smiths donc, mais aussi de Joy Division, de New Order et la vague shoegaze (un superbe A new joy qui ferme la marche et évoque St Johnny), le tout sous couvert de mélopées soignées et fatales, drapées dans des oripaux doucement noisy, telles celles façonnées par Garageland.

La sautillante I wish, qui égale les Strokes dans la flamboyance et la classe pop-rock, entre guitares fines ET affirmées, lignes de basse qu’on ne peut ignorer, au relief délicieux, et rythme la plupart du temps marqué, nous réjouit à son tour. Puis la douceur d’un touchant Family aux airs de Jesus and Mary Chain dans son versant le plus pop qui soit, délesté de ses fameux enrobages noisy, augmente d’autant la séduction exercée par ce premier jet commun. On pense aussi au Elefant de Sunlight makes me paranoid pour cette joliesse pop alerte et si subtilement conçue.

Le titre peut-être le plus obsédant de l’ouvrage décrit, Blue, s’ajoute à ceux-ci, avec son chant au phrasé prenant et son refrain qu’on n’arrivera bientôt plus à se sortir de la boite crânienne, précédant la brume dream-pop/shoegaze de ce A new joy (idéale description de ce qu’engendre le trio, tiens…) qui met fin à une superbe sortie. Laquelle permet une découverte inattendue et dont on attend déjà qu’elle nous ponde de nouveaux hymnes pop aussi remarquables que ceux qu’on déniche sur ce “first EP”. Une suite, vite!