Idem – Good side of the rain

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Rodé à la scène et aux tournées-marathon, en perpétuelle réinvention et prise de risques, Idem est avec Lab°, entre autres fleurons d’un “noisy dub” hybride et hautement diversifié, l’un des défricheurs les plus doués du pays.

Auteur d’albums à chaque fois particuliers, rassembleurs sur le plan stylistique et irréprochables sur le plan qualitatif -celui-ci étant, si je ne m’abuse, leur septième-, les angevins allient rythmes dub ou reggae, guitares spatiales ou aiguisées, rap aussi (Work in progress), et fusionnent en offrant un panel climatique étourdissant. Planant (souvent), puissant (peut-être trop peu sur l’album en question) quoique…la puissance, chez eux, n’est jamais gratuite et distribuée avec une belle justesse), cadencé au départ (une excellente ouverture intitulée Privilege class, suivie d’un electro-dub alerte nommé Locked in syndrom), il mêle aussi penchants célestes et rythmes changeants mais animés (Torture’s real). Ses attaques plus frontales, sur ce morceau et en certains autres endroits du disque, donnent le piquant nécessaire et la pêche rock qui, bien distillée, relève un opus qui, délesté de cela, aurait été moins intéressant.

A l’écoute, on pense à un tas de formations hexagonales recommandables, en compagnie desquelles le groupe à d’ailleurs foulé les planches (Ez3kiel, Portobello Bones, Vuneny, Hint, Les Thugs, Zenzile, Rubin Steiner etc etc etc…). Mais à l’arrivée, c’est bel et bien à un amalgame remarquable et personnel de ces formations et des tendances qu’elles abordent que renvoie Idem, aux ouvrages kaléidoscopiques, presque indéfinissables tant les genres y font bon ménage, aussi prenants dans leurs envolées haut perchées aux sautes d’humeur soniques bien en place (Market return) que sur des trames dub ornées par des guitares nerveuses (Wings of joy), dont aucun morceau ne peut être extrait ou valorisé plus que tel ou tel autre.

La fin d’album, avec un You missed it entre accalmies tourmentées et passages rugueux, un A dust in peace en deux parties diistinctes, l’une posée, l’autre rythmée et plutôt noise, et pour finir un long format expérimental (The gipsy trail) que suivra le Radio Edit de Good side of the rain, étant tout aussi réussie, on peut affirmer qu’Idem, exigeant avec lui-même, en sorcier du son et des genres, signe avec GSOTR une nouvelle réalisation majeure, dont on attend  de vérifier l’impact en live, où ses plages prennent une dimension plus marquante encore.