Lofofora – Monstre ordinaire

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Le “Lofo” de Reuno et consorts avait créé la surprise en 95 avec son premier album éponyme, puissant et porté par des titres forts comme L’Oeuf ou Holiday in France. Il s’imposait alors d’entrée comme un étendard “fusion” mâtiné de hardcore et marqué par un chant hargneux, qui à l’instar de la musique du groupe et sur ce nouvel opus dernier d’une belle série de sorties, ne varie pas d’un iota. En notant cependant que depuis, le quatuor s’est fendu d’une discographie solide, affirmant une identité “inerte” mais bien campée et plutôt porteuse.

Colère, puissance et force de frappe déclinée selon des rythmes changeants (déchainés sur Utopiste, saccadés sur Elixir, par exemple) constituent les atouts, aujourd’hui usés, d’un groupe qui se distinguera avant tout sur scène, où sa force et sa rage sonique atteignent la cible à défaut de captiver sur disque. Les textes, prévisibles, se basent sur les mêmes constats, le même esprit dénonciateur qu’aux débuts de Lofo et finalement, on ne s’attardera guère sur Monstre ordinaire. Trop…ordinaire justement, sans surprises, il appellera peut-être dans un premier temps à l’enthousiasme des retrouvailles. Mais passé le temps des premières écoutes, l’évidence tombe: fade, invariable, cette machine de guerre scénique innove trop peu pour séduire sur la durée.

En dépit de ça et malgré ce côté répétitif lassant, on se trémoussera sur cette grosse dizaine de morceaux agités, tout de même bien équilibrés, et les fans trouveront leur bonheur dans cette nouvelle livraison, sauvée par sa vigueur et un son énorme et, aussi, par cet esprit contestataire aussi éprouvé qu’approuvé. Puis on passera à autre chose, sans oublier de faire le détour sur les planches les plus proches où, cette fois, les protégés du label At (h)ome tireront leur épingle du jeu et mettront sens dessus-dessous les salles de France et de Navarre. Avec pour effet second de modifier légèrement notre vision d’un disque loin d’être mauvais, c’est un fait -il s’agit tout de même de Lofofora-, mais trop “pronosticable” pour qu’on s’en entiche de façon définitive.