Deportivo électrise les Docks corbéens…

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Dans le cadre de la délocalisation d’un Picardie Mouv’ essentiel, la belle salle du théâtre les Docks de Corbie accueillait Deportivo, précédé par Arythmitique et June & Lula.


Deportivo

Les premiers à jouer furent Arytmitique, “planqués” dans le noir et relégués, allez savoir pourquoi, dans un coin de la salle et non pas sur scène. Leur registre est plaisant, jazzy, parfois teinté d’écarts bienvenus, mais les conditions ont quelque peu terni leur apparition et dans la foulée, sur scène cette fois, June & Lula ont fini par ennuyer en interprétant une dizaine de titres trop timorés, trop feutrés, certes beaux à entendre mais qui lassent vite…sans pour autant déplaire à une partie du public amatrice du genre.

Deportivo

Peu significative donc, malgré les possibilités entrevues, l’entame allait être suivie d’une tête d’affiche pour le coup étonnamment tranchante: un Deportivo rock à souhait, à peine terni par le chant en Français, qui passe d’autant bien qu’il se voit emporté par une déferlante instrumentale de caractère. Ca joue avec force et conviction et live, le groupe de Bois d’Arcy a fait d’indéniables progrés, se montrant bien meilleur qu’à Gamaches, dans le même département, il y 4 ou 5 ans. Une reprise convenue de Nirvana, mais qui a le mérite de concerner le côté le plus fonceur et écorché de Cobain & Co (Territorial pissings, tout de même), étaye un set solide et généreux, aux textes intéressants, et on sent que Deportivo a mis à profit ses dix années d’existence pour gagner en impact et en cohésion, en s’appuyant sur trois albums, dont le dernier en date, Ivres et débutants. Est-ce le fait d’avoir oeuvré avec Dominic Sonic comme backliner? Si le rennais peut avoir boosté l’avancée des Franciliens, il est bien évident qu’ils ne doivent leur crédibilité qu’à eux-mêmes et un équilibre intéressant est ici trouvé entre rock charmeur et embardées rageuses, la prépondérance de cellesci ajoutant à la valeur de la prestation.

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En outre, le mouvement mis dans le jeu de scène et les mimiques de Jérôme Coudane créditent également le trio d’origine, épaulé sur les planches par un guitariste et un clavier/guitare, qui signe donc à l’arrivée un très bon concert, dans un cadre agréable et une ville à l’activité culturelle qui mérite qu’on s’y attarde.

Photos William Dumont.