Ed Wood – Silence

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Duo lillois qualifié de “mathrock”, Ed Wood Jr dépasse avec Silence le simple cadre de ce format musical et, en s’appuyant sur la nouveauté due à un chant batailleur, d’un apport certain, ouvre plus grand encore la brèche d’un rock personnel, parfois proche de Marvin dans son alliage entre sons cosmiques et “trépidance” (Babtrip).Une voix samplée façon Microfilm, de front avec une étoffe remuante et subtile, se fait entendre sur It in ut et de façon globale, l’oeuvre, de caractère, est tout à fait remarquable.

L’amorce fait très vite effet, entre le haché Maila nurmi, aussi spatial que tranchant (on décèle dès ce titre une grande capacité à dénicher des enrobages sonores inventifs) et Minitel, plus direct dans un premier temps, tout aussi bien étayé, qui bénéficie de la première intervention chantée de l’opus et de guitares puissantes du meilleur effet. La cohabitation de l’organique et du synthétique est d’ailleurs parfaite, en atteste entre autres ce IVCV massif que suit un Interlude sur lequel, on reste ici dans la famille “nordiste”, Penelope Cercueil apparait au violon.

Passé cet intermède qui “breake” Silence, le niveau demeure élevé et Walkwoman, lui aussi incoercible et envoûtant, puis le plus finaud It in ut, qui gagne ensuite en impact, s’imposent à leur tour.

Sur la fin, un long format, comparativement aux autres, se présente et se positionne de façon nette entre accalmies et coups de semonces, avec une voix braillée qu’on appréciera (Oktobre), puis le duo conclusif met la touche finale, à commencer par l’explosif Quincux, aux riffs plombés associés à cet enrobage habile, le disque se terminant sur Glulisine, leste et obsédant de par ses motifs répétés.

Il n’y a cici aucune faille et la paire Olivier Desmulliez : guitare/ loops / keyboard / samples-Thibault Doutriaux : drums signe à l’arrivée un album plus que solide, marqué du sceau d’un talent incontestable.