The Pack A.D. – Unpersons

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Arrivées à leur quatrième album et après un We kill computers de haute volée, et une prestation scénique retentissante dans ma ville, les deux filles de The Pack A.D. convainquent à nouveau avec ce Unpersons varié, percutant et, il faut le souligner, exempt de morceaux négligeables. Le format reste certes le même, entre plans blues soignés et racés (Seasick) et coup de semonce soniques taillés dans le vif d’un rock’n’roll mordant (Sirens et de nombreux autres), la guitare aiguisée de Becky Black formant avec la frappe puissante de Maya Miller un tout d’une rare efficacité.

On se régale de la pléthore de titres forts offerts par la paire, passée maitresse dans l’art de trousser des opus aussi basiques que réjouissants et bien exécutés, probants dans leur équilibre entre cadence saccadée et énergie débridée (Haunt you), agrémentés de choeurs eux aussi sauvages et sans fioritures. Les formats courts sont légion (Lights puis un 8 au punk-rock ravageur) et, alliés à des plages moins frontales (l’excellent Take), forment une “side A” du plus bel effet.

L’heure n’est pas, loin s’en faut, à la baisse de régime et encore moins aux concessions, le second volet d’Unpersons livrant d’entrée de jeu  ce Positronic remarquable, dominé par la voix impétueuse de Becky, secondée par Maya, qui avance sur de sa force et animé par, comme de coutume, des riffs bien sentis et une frappe affirmée. Suit un Body parts bluesy, histoire de confirmer, si besoin était, la diversité des albums de The Pack A.D. au sein du format rock, lui-même suivi par Pieces, plutôt posé et qui complète la palette des deux dames avec brio.

On revient ensuite à des morceaux plus directs, bien que le massif Cardinal rule, puissant, use d’un rythme lourd mais saccadé, avant que Ride, à la vigueur d’abord retenue, n’explose sous les coups des instruments respectifs de Maya et Becky, dans une alternance entre explosion latente et libération sonique.

Enfin, Hear me out et ses accords blues passés au filtre d’un rythme affirmé et de chants remontés conclut une nouvelle réalisation de taille, dont on ira bien sur à l’occasion vérifier la portée, marquante, sur les planches.