Honey for Petzi – General thoughts and tastes

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Groupe suisse jusqu’alors assimilé à la vague math-rock, Honey for Petzi, expérimenté (de nombreuses scènes et plus de dix ans d’existence au compteur, balisés par trois ou quatre albums et diverses autres sorties), se démarque sur cet étincelant nouvel album de ce courant pourtant actuellement très prisé. Bien lui en prend, d’une part, et d’autre part, ce revirement assez sensé pour ne pas égratigner la crédibilité des ressortissants de Lausanne débouche sur une superbe réalisation.

L’opus varie entre sensibilité pop merveilleusement mise en son (Handmade cloaks), pleine de quiétude mais assez alerte, morceaux aussi rageurs qu’imparablement mélodiques (Endless sea, rythmé, puis le plus retenu et tout aussi probant Black comedy, duo d’ouverture parfait), et combine parfaitement rugosité et élans plus doucereux (Fitness wellness, voix poppy et instrumentation acide et de choix, qui fait de l’amorce du disque un superbe moment musical).

A l’image de la pochette de l’album, les musiciens semblent s’être concertés sur la direction à prendre et le fruit de leur réflexion captive et sonne juste en toute occasion. En atteste la suite de ce disque “de contraste” dans le sens où il oppose rudesse et sensibilité, via, d’abord, It come from within et sa basse bien marquée, son tempo changeant et son ornement presque cosmique, puis la pop délicatement psyché de Strategy, bravery, honour. Les mélodies sont parfaites, enlevées ou charmeuses, les changements de rythmes judicieux, jamais forcés, et Dirty Anne fait ensuite lui aussi sensation avec ses sons spatiaux et obsédants.

Ensuite, et passé l’intermède Curtains, dispensable, le…math-rock groovy de Old enough, remuant, porté par des mélodies évidentes, aussi simples et élégantes qu’acidulées, relance la machine et accroit la qualité du tout, imité dans la foulée par Late night tale, moins soutenu mais pas moins qualitatif, aérien, léger et gentiment cold. Rien n’est à négliger et l’instant d’après, Power loss, soigné dans le chant, charmeur, et plus “offensif” dans ses sonorités, fait lui aussi ses preuves, instaurant une “attaque” rock appréciable.

Deux titres restent alors et sur le premier, Made of concrete, une pop organico-synthétique gracieuse et joliment psyché s’offre à nous. Puis Faces, d’abord posé puis qui s’emballe sous l’effet de la batterie  et de guitares griffues, exhale lui aussi des relents psyché assez 70’s, nerveux et subtils comme l’est ce nouvel opus en tous points remarquable.