Tang (+Heartbeat parade) à la Malterie, la déferlante screamo

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Après Red Tessier Marinescu et Shiko Shiko, entre autres concerts de choix organisés en son sein par les assos Party program, Mohamed Dali ou Muzzix, la Malterie accueillait en ce début juillet les locaux de Tang, forts entre autres d’un Another thousand days, out of this world explosif, mais aussi de nouveaux titres tout aussi caractériels, et les Luxembourgeois de Hearbeat parade, à la noise saccadée, bardée de voix samplées et évoquant les poitevins de Microfilm dans une version colérique.


Heartbeat Parade

C’est donc le trio d’Esch sur Alzette qui ouvre les hostilités et sans tarder, on se rend compte que la soirée sera placée sous le signe d’un rock tout à la fois math, emo, post-hardcore et j’en passe, aux humeurs bien trempées. ca joue fort, compact, et la puissance des compos, leur ambiance singulière engendrée par ces paroles samplées, crédite le groupe.
Les grands et les petits illustre bien le constat et se base sur une belle pluralité des climats, de même que The destroyer of worlds, subtil et intense ou le tranchant No bailout.
En outre, les membres du groupe multiplient les poses spectaculaires, arc-boutés sur leurs instruments dont ils tirent des sonorités en parfaite harmonie/contraste avec ce que narre le “chant”.

Heartbeat Parade

Convaincant donc, Hearbeat parade passe l’épreuve sans trembler et provoque le déchainement de la salle lilloise, que Tang accentuera l’instant d’après. Passé maitre dans ce genre qui évoque parfois At the drive in ou encore Sparta, le quatuor se trouve de plus en terrain conquis, et va nous jouer un set tendu, à (ne pas) classer entre emo, hardcore et rock d’obédience post, aussi accompli que celui d’Hearbeat parade, l’expérience significative en plus. En une bonne dizaine de morceaux, l’un joué live pour la première fois, si je ne m’abuse, certains issus de l’album cité plus haut, Tang montre qu’il n’a rien à envier aux pointures du genre, et déclenche un pogo énergique, incontrôlé, sur ses parties les plus massives. La formation de Xavier Damaray a de plus le bon goût de faire respirer, ça et là, ses titres par le biais d’accalmies plus mélodiques, et convie son parolier sur quelques chansons, ce qui a pour effet de faire monter la tension musicale d’un cran.

Tang

Probants, les gars du label Emolution et leur excellent She died in June, plage prenante parmi bon nombre d’autres (Word necklace, par exemple, constitue lui un standard imprenable) s’imposent et réjouissent le public de la rue Kuhlmann, dont je vous incite fortement à prendre le chemin dès le prochain évènement qui s’y produira.

Tang

Très bon concert donc, dans la continuité de la programmation variée et qualitative de la Malterie, lieu tenu par d’authentiques “soldats” du milieu rock, dans une ambiance conviviale et pour un tarif lui aussi entièrement attractif.

Photos Camille Battez/William Dumont.