Green Vaughan – Waiting for the prophet

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Emule direct des excellents White Loose Woman,Green Vaughan s’est déjà brillamment en évidence le temps d’un premier album et deux EP’s dont un destiné à la promo. Le duo lillois composé de Spung et Sushi en arrive donc avec ce Waiting for the prophet à son second opus, et celui-ci déballe un répertoire electro-rock remonté, groovy à l’extrême, parfois, aussi, funky et atmosphérique (Timeless temple).

Son inventivité n’est plus à établir et la paire auparavant hébergée par la structure rennaise Ideal Crash signe bien entendu un disque de choix, aux riffs maousses qu’accompagne la voix aigüe de Nico (l’imparable Feeding with words en ouverture). Comme le disait ce dernier lors d’une interview, Green Vaughan a des choses à dire et visiblement, le chanteur survolté et son acolyte, le guitariste-trifouilleur de sons, ont trouvé la meilleure des formules, sur le plan musical, pour s’exprimer et donner leur pleine mesure. En mode electro-rock-funk dur et truffé de sons géniaux (Paradise), plus délibérément electro (Sign) et en flirtant de façon constante avec l’excellence, de façon trépidante (Streets, terrible), en y insufflant la folie nécessaire et à peine canalisée (I wish), les deux musiciens font preuve de cohérence, de complémentarité et mettent à profit leur soif commune de sons nouveaux et déviants. Leur quête trouve son aboutissement dans ces morceaux hybrides, qui même dans leurs instants de relative détente (While words are dancing) se montrent étonnamment bons. Green Vaughan transcende et crée presque un style novateur tant l’étayage se veut inspiré et original, dans le rythme cool et haché d’un Waiting for the prophet, presque psyché, comme dans les élans post-punk, aux basses massives et irrésistibles, de Climbing the time.

Plus loin et sur la fin de l’album, Lonely planet, alerte, aux boucles electro épaisses que griffent des six-cordes mordantes, puis Does anybody hear the scream?, doté d’une belle sensibilité pop dans le chant, bardé de sons inédits et achevé par des duels synthés-guitares démentiels, enfoncent le clou d’une alchimie singulière et hautement convaincante. Puis After the discount, psyché et plus ouvertement rock, leste et subtil, convoque dans le brassage estampillé Green Vaughan des ouvertures 70’s bienvenues, qui parfont l’oeuvre en présence sans la dénaturer. Oeuvre qu’on s’empressera de réécouter, et qu’on classera dans le rayon des immanquables d’un créneau encore peu encombré, auquel ce genre d’album est d’un apport considérable.