Fiftyniners – Psychorama

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Boite de promo oh combien fiable, 5ive Roses, drivé par Julien Fernandez et basée en Italie, a entre autres pour vertu de nous faire découvrir les talents “underground”, bien plus nombreux qu’on ne l’imagine, de ce pays. Et après les Lovely Savalas, le trio Fiftyniners et son rock’n’roll endiablé vient lui aussi nous réjouir les écoutilles avec cette troisième sortie depuis 2005, la première sous la format “album” et certainement la plus aboutie à l’écoute.

Il y réhabilite le “rnr” fiévreux de Gene Vincent et Eddie Cochran et balance treize morceaux irréprochables, aux attitudes variées, démontrant dès le bluesy Lonely sick star, court et affuté, une belle maitrise dans l’exécution. Cet instrumental annonce donc un contenu intéressant et passé l’inutile intermède cuivré nommé Overboogie, Psychorama exhale des riffs tranchants et un rock à la fois distingué et impétueux qui résume assez bien l’album. La cadence est souvent soutenue, c’est d’ailleurs aussi le cas sur Old rocker, les mélodies travaillées, la trame générale débridée, et aucun des morceaux offerts ici ne démérite, loin de là.
Côté rage à peine bridée, les élans country de Alone, balafrées par une instrumentation remontée, accroissent la crédibilité du groupe, à l’aide entre autres de touches de…banjo, si je ne m’abuse, judicieuses, avant le psychobilly Crampsien de L’ultima notte.

On l’aura compris, les bien-nommés 59ers s’en tirent plus que bien et sur Don’t be scared, ils instaurent une fois de plus un bel équilibre entre électricité libérée et plages plus acoustiques chatoyantes, avant de renouer sur Bullo kid avec un rythme effreiné, aux consonnances western qu’on ne peut qu’apprécier.

Techniquement, le groupe maitrise mais s’en tient à un jeu basé sur le feeling et l’énergie, servi par une inspiration constante, et le cachet “ancien” de ses compos (They’re back) le met à l’honneur, de même que l’énergie punky de Staying on my own, titre suivant particulièrement percutant. On l’apprécie donc dans son versant colérique comme dans ses moments plus tranquilles, et Rock’n’roll stoned nous met à son tour en joie, par le biais entre autres d’un refrain presque poppy, à l’image de Waiting, dont l’acoustique folky complète joliment le tableau.

C’est ensuite à Lucky qu’échoit l’honneur de clore l’album, ce qui est fait dans un esprit rockabilly rythmé libérateur, avant cinq minutes de silence qui précèdent trente secondes acoustiques dispensables, mais qui n’entachent en rien la qualité, élevée, de cet excellent opus.