Agent Side Grinder – Irish recording tape

0
1025
Il est bien évidemment appréciable de tomber sur des albums qui mettent la cold-wave à l’honneur sans plagier ni ennuyer et pour cette troisième sortie, les Suédois d’Agent Side Grinder réussissent plutôt bien leur coup.

D’un départ jouissivement répétitif (Pulse) aux motifs obsédants, d’appartenance presque industrielle (Cabaret Voltaire n’est pas très éloigné…), le groupe évolue vers une cold alerte (Die to live), au chant urgent, portée par une basse omniprésente. Les claviers s’y distinguent aussi et offrent des nappes marquantes, le format plutôt étendu de ce morceau (on arrive au delà des cinq minutes) démontrant la capacité d’Agent Side Grinder à tenir sur la durée.

Ensuite, The screams, peut-être moins directement cadencé, mais porté par un tempo aussi marqué sans être aussi “percutant”, instaure un canevas cold dans la retenue, qui étoffe comme il se doit la palette du groupe et par extension de ce bon album. Le contenu de ce dernier renouant sur la plage suivante, Blue streaks, avec des prétentions plus psyché (les synthés) soulignés par cette basse décisive et un rythme de “drum machine” espacé. Un bel équilibre est trouvé entre les orientations, et le très Joy Division/New Order Eyes of the old (une basse une fois encore déterminante) fait de nouveau honneur à ses pères. La réitération des motifs et ambiances crée une dépendance qui pousse à la réécoute, d’autant que se profile ensuite le plus leste Telefunk, qui entérine le non-choix par les Scandinaves entre cold vive et cadence moins directe et dont les duels basse-claviers restent en tête de façon durable.

Deux chansons sont alors encore au programme et Life in advance, introduite par ces mêmes claviers ici assez “célestes”, que viennent étoffer une quatre-cordes remarquable et un chant froid en parfaite phase avec l’ambiance générale, se montre lui aussi probant, dans une trame plus légère, presque “cold-pop”, du plus bel effet. Le mot de la fin revenant à Black vein, vif, dont la dernière minute met en valeur des claviers virevoltants et  qui affiche une douce folie dans le chant.

Il résulte de cela l’un des albums les plus attachants et réussis de ces derniers temps, dans le genre, oeuvre d’un groupe avec lequel il faut d’ores et déjà, de toute évidence, compter.