Julien Soulier & Vincent Fallacara – Rapsodies emosexuelles

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Après nous avoir régalés de la cold de Torso, lettrée et multiformes, Vincent Fallacara s’acoquine avec Julien Soulier, poète strasbourgeois dont les textes mettent ce Rapsodies emosexuelles en valeur.

Les réalisations musicales du premier, aussi brillantes qu’avec Torso, s’allient à la plume du second et prennent des atours cold (Arbori sapientia en ouverture, Enassassinée en seconde position) portées par une voix posée, ou electro-slam sur Emovarius qui bonifie imparablement ce début d’album. L’instrumentation, minimale, est adaptée et impose en certains endroits (Dans la peau d’un homme) des instants synthétiques eux aussi captivants, et de ce procédé nait un disque unique, hybride, bienvenu dans la production actuelle et qui y insuffle, de plus, une belle singularité.

Même l’electro posée d’un Saint Valentin 2010 fait son effet, aidée en cela par une trame sombre et Julien fait ici preuve d’une talent, tant musical qu’en tant que parolier, conséquent et décisif, épaulé par les choeurs de son acolyte qui gère également l’ornement musical. Le rythme sort parfois de sa torpeur (Mélancomane) et l’alliance entre Julien, aux “états d’homme” prenants, et un Vincent Fallacara encore une fois très en verve, permet un rendu régulièrement digne d’intérêt.
C’est le cas sur Fou! et ses guitares griffues, plus vivace que les autres morceaux et qui complète l’opus avec brio, et se voit suivi d’un Grammaire de l’être fait d’un slam “dark”, aux “lyrics” représentatives d’une dextérité impressionnante. Ce titre met d’ailleurs fin à un disque qu’on aurait aimé plus long, mais dont la genèse et la qualité en font une des oeuvres les plus intéressantes entendues ces derniers temps.

Excellente sortie donc, dans un style au mitan des genres et des époques, parfaitement amalgamées par un duo complice et pertinent.