The Love Me Nots (+Twin Twisters) à la Lune des Pirates, deux bonnes heures de rock sans concession.

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Après Creil et la très recommandable Grange à Musique, trois jours avant, les Twin Twisters et les Love Me Nots se retrouvaient à la Lune des Pirates, les premiers ouvrant pour les seconds pour une soirée elle aussi recommandée.


Twin Twisters

Celle-ci a comme espéré tenu ses promesses, chacun tirant son épingle du jeu; les Twin Twisters donc, dans un premier temps, en rehaussant encore d’un cran l’intensité de leur show, permettant par ce biais d’en faire oublier le côté un peu “réitéré”. Comme dans l’Oise le samedi soir, la valeur du répertoire de l’ancienne rythmique d’Eiffel, associée à leur initiative de l’interpréter avec plus de rage encore, lui offre l’opportunité de s’imposer à nouveau, qui plus est dans une salle apparaissant comme la principale de la région et accroissant donc, pour le duo, l’importance de l’évènement. L’épreuve est donc passée sans encombres et si on attend bien sur des Twin Twisters qu’ils insufflent du neuf et dans leur registre, et dans leur prestations scéniques, les duellistes sont depuis leurs débuts parvenus à se hisser à un niveau assez élevé pour rendre l’attente de cet étayage largement supportable. De grandes références  se rappellent à nos bons souvenirs à chacune de leurs apparitions, et leur rock varié et teigneux en assume la teneur sans faiblir, aidé en cela par des morceaux dont la gamme, du plus nuancé au plus enragé en passant par le mitan des deux, honore les deux musiciens. Gare toutefois à la redite; les Twin Twisters étant désormais connus, leur set, par conséquent, lui aussi vu et entendu, Christophe et Hugo devront, au risque de m’amener à me répéter, l’enrichir et l’élargir pour passer le cap, franchir un pallier et rendre leur travail plus personnel, plus nettement affranchi de ses références, fussent-elles louables et prestigieuses.


Twin Twisters

Une bonne ouverture donc, dans l’attente du show des Love Me Nots, très attendu de tous et notamment d’une “belle” brochette de quadras dont aucun, j’en suis déjà sur et le déplore, ne reviendra pour un autre groupe s’il n’inclut pas les deux jolies dames oeuvrant dans ledit groupe.


Twin Twisters

Qu’à cela ne tienne, passons et revenons-en au contenu du concert, une nouvelle fois excellent et porté par de solides morceaux (en tête de file, I’m not okay et You don’t know a thing about me, sur lequel un jeune spectateur se vit invité par Nicole Laurenne, sémillante vocaliste-organiste, à chanter le refrain), ainsi que par le show de chacun, chaque élément jouant son rôle à la perfection dans une évidente complicité. Charisme enthousiasmant pour Nicole, sourire continuel et dévastateur pour la bassiste Kyle Rose Stokes, frappe fougueuse et habitée du batteur Jey Lien, poses rock spectaculaires du guitariste Michael Johnny Walker, jeu impeccable et déterminé de chacun d’entre eux; tout s’imbrique et se complète pour former de sacrés bons morceaux de rock, dont aucun ne peut réellement être distingué plutôt qu’un  autre tellement l’ensemble se veut cohérent. Demons et sa “bagarre” claviers-guitares, le joliesse pop de The girls light up, l’intro de basse de Break my heart et son climat retenu, magnifié par des volutes de Farfisa , viennent s’ajouter à la longue liste des morceaux endiablés et rendent le panel des Américains plus probant encore.


Love me nots

L’impeccable guitariste y allant de temps à autre de soli sobres et marquants, il va sans dire qu’on craque très vite pour ce groupe au show à la fois instinctif et parfaitement réglé, affiné par la belle cohésion qui le caractérise et la classe de son rock fuzzy que l’orgue décore à la perfection de ses nappes tantôt légèrement psyché, tantôt plus énervées, plus trépidantes. Jamais leur jeu, pensé, ne se montre bêtement et gratuitement frontal, réussissant l’examen de passage picard, si l’on peut dire, haut la main par sa diversité et l’unité qui en découle.


Love me nots

Les Love Me Nots possèdent peut-être, d’ailleurs, le seul élément qui manque aux Twin Twisters: un panel étoffé, durable, aux influences complètement digérées, et ont une fois encore brillé. Ce qui ne doit toutefois pas nous faire oublier que leur première partie du soir est en bonne voie quant à l’appropriation de ses influences.


Love me nots

Quoiqu’il en soit et pour conclure, la soirée proposée fut une belle réussite et suscite l’envie de revoir sans tarder ces deux groupes dont l’association sur une même date constitue une bien belle idée.


Love me nots

Photos Ludo Leleu.