Le Prince Miiaou – Fill the blank with your own emptiness

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En 2009, le Safety first de la charmante Maud-Elisa Mandeau dévoilait, sans toutefois démarquer l’artiste de façon définitive, des aptitudes à prendre en compte pour la suite.

Ici, l’essai est transformé, la force du premier jet décuplée et les influences dépassées, et Le Prince Miiaou signe un disque de choix, fait d’un rock souvent belliqueux mais faisant également la part belle à des plages doucereuses (Bugs, magnifique). Le single J’ai deux yeux ouvre le bal avec brio, dans ce mélange entre force et mélodie, et le reste livre sa palanquée de morceaux de qualité, à commencer par Be silent et son intro sereine qui suit un rock groovy et alerte, aux guitares virevoltantes, I don’t know my name répétant le même procédé, en plus massif, pour un résultat tout aussi solide. On pense à PJ Harvey, certes, mais la Française campe un univers issu de sa propre démarche, que Turn me off et sa basse rondelette et ses sons obsédants, légèrement cold, met en son et représente parfaitement. A story of devotion, animé par des grattes bavardes, aussi retenu qu’intense dans ses envolées, étayant joliment le propos de Maud-Elisa, encore réhaussé par des voix entremêlées.

C’est ensuite le part I et le part II de Fill the blank with your own emptiness qui nous sont présentés, le premier bref et dispensable, le second nettement plus estimable, fait d’un rock lourd et saccadé de bon aloi aboutissant ensuite à des instants plus tempérés. La force de la demoiselle se situe entre autres là, dans ce dosage entre impact et modération, en plus d’une voix incitant autant à l’amour qu’au duel sans merci, et la pop nerveuse de I love nobody, fine, précède ensuite un Hollow hero de taille, entre bordurage psyché et excès d’énergie, cordes incluses, façon Polly Jean.

Chaque titre vaut l’écoute et à ce moment précis, il en reste trois que la batterie dansante de Down in the well introduit prestement, alliée à un décor sonore encore une fois ingénieux, agité, l’atmosphérique Easy target, peut-être un peu trop prévisible, constituant le seul essai “moyen” de l’album. Lequel se termine sur We both wait, à la retenue qu’on sent sur la brèche mais qui n’explose pas, sans perdre de son attrait même si on aurait, bien entendu, vu d’un bon oeil une nouvelle embardée débridée.

Très bon second opus donc, de la part de Maud-Elisa Mandeau dont le talent trouve ici sa juste et parfaite traduction.