JOY à la Lune des Pirates, excellent prolongement à la gifle Burger…

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Lors de cette première soirée du Temps du Jazz édition 2011, il incombait à Marc Huyghens, ex leader de Venus accompagné de sa batteuse jouant debout et de sa violoncelliste, de succéder à Rodolphe Burger, qui avait il faut le dire placé la barre très haut.La tache était délicate au vu de l’expérience et du brio de l’ex Kat Onoma, mais le trio, armé d’un album personnel et enfiévré, s’en est tiré avec les honneurs et nous a permis de vivre un second temps fort, en attendant les Cascadeur et autres Elysian Fields.

Entre embardées du violoncelle, décidément d’un grand apport, jeu de batterie aussi minimal que marqué, et chant chaud et ample, souligné par une guitare aussi discrète qu’incisive et caractérielle, Joy a joué son album éponyme, entre le finaud Empire, spatial et lancinant, secoué par la six-corde de Huyghens et ses sautes d’humeur, et Endless song, long format dominé par l’instrument de Céline Chappuis, remplaçante d’Anja Naucler, doucereux et éthéré. Avec, au passage, le cadencé Mirage et ses basses massives, la frappe de Françoise Vidick, son chant exalté aussi, donnant de la “bouteille” supplémentaire à un morceau déjà excellent.

Soudé et ayant la chance d’avoir su se créer, d’emblée, un univers qui lui appartient, le groupe bruxellois a fait la preuve, lors de ce set court mais significatif, de sa tenue scénique, et on se prend vite à s’enticher de cette formule particulière, aussi mélodique qu’affirmée.

Les titres-phare étant de plus légion (Long way around the sea, Flag et son duel masculin/féminin dans le chant), la retenue du groupe captivante, avant ces plages plus mordantes qu’on apprécie forcément, il va sans dire que le set fut d’un intérêt certain, ne faiblissant en aucune occasion. Emotionnel aussi, entre la beauté émanant d’un violoncelle parfois plus “canaille”, l’harmonie et la force du ou des chants et les déflagrations, énormes, de Marc. Avec au passage un N°7 majestueux, entre autres chansons déterminantes, avec pour effet de nous imposer un style peu commun, porteur, c’est une évidence, et une belle intensité.

Pour conclure donc, un “gig” de nature à marquer les esprits, dans l’attente de la suite des pérégrinations d’un groupe qui, malgré sa pertinence et le vécu de ses membres, ne fait qu’entamer une carrière qu’on espère longue et fructueuse.

Photos William Dumont.