Thos Henley – A collection of early recordings

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Anglais débarqué à Paris, Thos Henley sort avec Collection of early recordings un ensemble de chansons enregistrées ces deux dernières années entre Londres et Paris. Celles-ci, faites d’un folk que je trouve pour ma part souvent ennuyeux (de façon générale, ne s’agissant pas uniquement de l’artiste mentionné ici), dévoilent heureusement assez de charme et de luxuriance musicale pour qu’on s’y attarde sans succomber à l’envie irrépréssible de passer à autre chose dans la minute.Leurs climats successifs et la beauté des arrangements font de ce disque une oeuvre parfois estimable, aux moments de grâce comme ce So English vif, ou Darling you et ses percus discrètes qui soulignent une acoustique enjôleuse, suivi d’Another brother et son ornement lui aussi plaisant.

Malheureusement, l’ennui guette au détour de quelques morceaux  et si les chansons d’Henley ne sont pas déplaisantes, on aimerait subir autre chose que l’effet sédatif d’Henrietta ou The oldest tree in Netley, cependant partiellement rattrapées par Gone with Devon (reprise) et ses voix associées probantes, Balancing books et sa dualité masculin/féminin dans le chant, son climat obscur, puis Can you canoe? dont les guitares subtiles font tout le charme.

Sur la fin, Keeper of my breath, lent et (trop?) sobre complète le rayon des titres mi-figue/mi-raisin, ou tout au moins susceptibles d’être considérés comme tels, mais sauve soudain la mise en instaurant ce qu’on aimerait entendre de façon plus récurrent sur l’album: une hausse de rythme parfaite, qui tranche avec le reste et dote l’opus d’une vigueur certes peu usitée dans le genre mais qui, dès lors qu’on y a recours avec intelligence, y apporte beaucoup.

Pour finir, Sweet lime résume à lui seul le tout: agréable à l’écoute, décoré avec un certain savoir-faire, mais trop peu alerte, et trop communément folk, pour marquer de façon durable. Et on ressort de ce disque avec un ressenti partagé, mais dominé par cette impression regrettable d’inachevé, de “trop sage”, quand bien même l’univers folk recourt quasi-systématiquement à un canevas posé et dénudé.