Séverin – L’amour triangulaire

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Belle surprise vue en première partie d’une autre surprise de taille (Bertrand Belin), Séverin sort là son premier opus solo. Il y signe d’agréables chansons entre pop, new-wave et electro, truffées de synthés bien joués, dont la légèreté (Un été andalou) n’entache pas la bonne tenue générale.Une certaine énergie, une ironie appréciable (Les yeux dans les yeux) animent la dizaine de titres, dont la variété permet à Séverin de ne pas tomber dans un format répétitif, et les paroles, évocatrices pour nombre d’entre nous, renforcent l’intérêt du disque, dont on déplore toutefois le côté occasionnel des embardées rock.

Celui-ci est certes compensé par l’allant général (L’amour triangulaire, après Caresses automatiques, aérien, qui débute les festivités), mais ne prévaut que rarement, quand bien même il dope l’intro d’Identité, autre titre plaisant. Et Mini-bar, trop posé, se montre un poil ennuyeux, rattrapé par Pendu à la pendule bien que ce dernier manque d’énergie, valant surtout par sa belle dualité vocale.

Entre Daho, Katerine et Jonathan Richman, comme sa bio l’y situe, Séverin étale de belles possibilités, mais on le sent capable de mieux, de s’écarter de certains formats sages. Ce qu’il fait sur En noir et blanc, plus piquant, et le rythmé et presque cold 3 mois sous terre. On constate cela en fin d’album, Le dernier tube et sa fin noisy laissant à espérer que notre homme pousse, à l’avenir, ses quelques pistes encanaillées.

Pour l’heure, il nous reste, tout de même, un album original, qui nous renvoie à une époque que tous apprécièrent et livre son lot de bons moments, perfectible mais malgré cela immédiatement profitable.