Oh La La! au Magic Mirrors, imparable.

0
1219
Déjà plus que performant à la Lune des Pirates d’Amiens en février, dernier le trio parisien Oh La La!, mené par une Natacha Lejeune au sommet de son art, était également programmé en after du Blues autour du zinc, évènement isarien incontournable s’il en est, ce samedi 19 mars.

L’heure tardive et le retour d’une prestation la veille à Varsovie n’ont en rien entaché le set de cette figure de proue du rock français, Antoine Boistelle et Clément Fonio, guitariste en parfaite symbiose comportementale avec la maitresse de scène remarquable qu’est Natacha, y allant de leurs partitions elles aussi sans bavure aucune. Cette dernière enchainant les poses spectaculaires, déhanchements endiablés et attitude habilement provocante, et attirant autant le regard qu’elle suscite, par le biais de son chant entièrement adapté au ton des morceaux joués, entre rage libérée et sensualité canaille, un intérêt de taille.

Entre Nu dans ton jean, aussi charmeur que sur un album éponyme exempt de défauts, au refrain qui reste en tête -c’est là une caractéristique des textes écrits par Natacha-, et le terminal Rendez-vous avec un salaud, dont la trame doucereuse enjolive ce concert percutant (It’s like that et Really nothing, entre autres titres de feu), complété de manière imparable par les standards tels Goodbye Superman ou Relax, l’explosif Carmen se distinguant lui aussi et faisant monter la tension d’un cran, la formation parisienne rafle la mise avec le plus grand naturel.

Force est de reconnaitre qu’Oh La La! n’usurpe nullement le succès qu’il rencontre, et propose une alternative solide aux productions actuelles, très certainement sans égal au niveau du live et du spectacle, de l’intensité qui jalonne ses prestations, son “leader” faisant par ailleurs preuve d’une irrésistible sympathie. Avec en guise de cerise sur le gâteau, l’inénarrable Un poing c’est tout, jouissivement déviant, sur lequel notre reine de scène affiche un charisme incoercible, ou encore le  trépidant Paris ne t’aime pas, qui accroissent l’impact du set, et une pléthore de sonorités, organiques ou synthétiques, bien trouvées et incitant à la danse.

Pour parfaire le tout, Oser et sa pop-rock charmeuse, aux claviers affriolants, procure à un public trop épars un énième moment marquant. Et on peut oser tout dire tout haut à l’issue de ce concert, comme le suggère Natacha dans le titre concerné, qu’avec ce trio soudé et cohérent, fort d’un registre inébranlable, on tient d’ores et déjà une “clique” dont l’avancée promet et laisse augurer de nombreuses émotions, sur disque et plus encore dans les salles obscures.

Grosse prestation donc, de celles qui marquent sur la durée et éveillent l’envie de revoir au plus vite Natacha Lejeune et ses deux complices.

Photos Ludo Leleu.