She Keeps Bees, duo influencé mais prometteur.

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La Péniche Lilloise, lieu charmant situé dans une zone portuaire tout aussi agréable, a pour principal mérite de proposer, dans sa programmation, des groupes non connus, ou émergents mais hautement méritoires. Ainsi, nous avons pu voir, récemment, Born Ruffians ou Pilöt, avec la perspective d’autres soirées marquantes à venir, dont Lou Lesage en avril, et ce pour une somme dérisoire, qui atteint très rarement la dizaine d’euros.

En ce dimanche de mars, c’était le duo de Brooklyn She Keeps Bees qui y était convié, le (trop) maigre public mobilisé pour l’occasion ayant l’occasion de voir et d’entendre une paire au répertoire perfectible et personnalisable, certes, mais dont le contenu fait transparaitre d’évidentes dispositions.

Entre morceaux bruts à la White Stripes/PJ Harvey, joués sans  s’embarrasser de fioritures, de façon directe et assez brève pour ne pas s’égarer, et titres chant/batterie aux airs gospel dépaysants, She Keeps Bees est parvenu à intéresser l’assistance lilloise au point que celle-ci, heureuse de la prestation offerte, le fera revenir à deux reprises pour deux rappels entre nuance et côté plus frontal. La symbiose entre les deux membres, Jessica Larrabee (voix, guitare) et Andy Laplant (batterie) est évidente, et les titres de Nests, album le plus « connu », alliés à ceux de Minisink Hotel (2006) ont confirmé les qualités du groupe, dont on attendra toutefois qu’il apporte à son répertoire la personnalité, la touche individuelle qui le libérera du poids de ses influences.

En outre, le côté « Do it yourself » d’Andy et Jessica, forts de productions réalisées « at home » et avec les moyens  du bord, ajoute à leur crédibilité, tout comme leur disponibilité et leur attitude presque gênée, courtoise et touchante, à l’issue de leur set, pour proposer aux personnes présentes l’achat de leurs albums. Et on attend donc de revoir les Américains une fois qu’ils auront insufflé à leur collection de morceaux la particularité nécessaire à ce que leur projet évite de « sonner comme ».

Ils en ont de toute évidence les capacités, et on suivra donc la suite de leurs aventures avec une curiosité non-feinte.

Photos William Dumont.