Mars Red Sky – MRS

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Jeune groupe bordelais d’obédience stoner, trouvant ses sources dans les 70’s qu’il réhabilite avec talent sur ce premier album aussi Sabbathien que digne des Black Angels (Marble sky), au groove sombre et épais, Mars Red Sky s’est vu confier très vite, gage d’une qualité certaine, le partage de la scène avec des formations telles que Killing Joke, Sleepy sun, Shannon Wright ou, prochainement, A Place To Bury Strangers et Earth.

On pense aussi à Soundgarden, celui de Badmotorfinger et Superunknown, et les trois garçons matérialisent leurs évidentes aptitudes, ici, avec une maitrise impressionnante et pour un contenu impeccable. L’excellence, dans ce registre, des Parisiens de Fiend, vieux briscards parmi lesquels on trouve l’ex Treponem Pal Michel Bassin ou Heitham Al Sayed de Senser, est égalée, et le tempo leste de Strong reflection (significatif par sa valeur et son intitulé, tant la musique de Mars Red Sky semble avoir été pensée avec soin et minutie) nous met sans tarder sur les rails d’un psychédélisme à la fois heavy et aérien de bon aloi. Des guitares massives, une rythmique souple et pesante se mettent à l’unisson des deux voix associées et inaugurent de belle manière les sept titres qu’offrira l’opus. Et dans la foulée, un Curse plus appuyé et tout aussi céleste dans sa puissance confirme sans difficultés cette entame sans  défauts. Les breaks sont de plus bien en place, calment le jeu pour ensuite laisser l’énergie du groupe s’exprimer, et Falls impose ensuite une trame instrumentale tout aussi estimable, lourde et dont les plans répétés le rendent obsessionnel, sa fin instaurant un canevas plus fin qui ne dénote nullement avec ce qui précède.

Way to Rome et son entame fine, ensuite plus leste, et son refrain marquant, enfoncent le clou de ce stoner/psyché comptant encore peu de représentants dans le pays, ce qui distingue d’autant plus Benoît Busser, Jimmy Kinast et Julien Pras, tout en mêlant délicatesse et élans massifs sans faiblir.

Le second instru, nommé Saddle point, privilégie lui cette sensibilité dans le ton et complète joliment le tableau avec son acoustique floue, puis l’opaque Marble sky renoue avec cette force presque inerte caractéristique de certains passages de ce disque éponyme, allégée par de brefs instants plus fins. Tout est de nature à faire du groupe bordelais une révélation de taille, dont les huit minutes d’ Up the stairs, dernière plage saccadée porteuse de ces guitares à la fois brulantes et sensitives, animées par ce rythme autant leste qu’incoercible et ces voix prenantes, célestes, l’union des éléments précités formant un ensemble qui jamais ne traine la patte.

Très belle réussite donc, à mettre à l’actif de Mars Red Sky, qu’on attend dès lors de voir sur les planches pour vivre en direct cette déferlante stoner haute qualité.