The Pack A.D. – We kill computers

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Duo canadien, de Vancouver pour être précis, et féminin -on aime, sans déviance, les filles qui “rockent”-, The Pack AD, composé de Becky Black (Guitare/Voix), et Maya Miller (Batterie), s’inscrit naturellement sans cette mouvance des duos qu’on qualifiera de “garage, dont le nombre croît au point que l’effet de surprise ne joue plus et que le contenu se banalise au point de ne s’être réellement montré accrocheur qu’à son avènement, il y a quelques années déjà.

C’est un peu ce qui se passe avec cette paire, rageuse certes, au blues-rock sévère et sans concessions, souvent de qualité, mais déjà pratiqué par ailleurs, et en qui les concerne depuis trois albums…ce qui ne doit pas, loin s’en faut, nous en faire occulter les vertus.

The slow down, entre autres moments mesurés, permet aux filles de varier leurs discours et le crédibiliser, et celles-ci passent sans se compromettre de plages riffantes mais non dénuées de mélodies (Deer) à un essai trop marqué par les White Stripes (Everyone looks like everyone, justement, et c’est bien là le problème!). Crazy leur permet de continuer à assurer, malgré ces références évidentes, et de garder cet impact jamais entièrement gratuit, jamais bêtement frontal. Et qu’il soit saccadé (1880 puis Math, the stars) ou plus fonceur (Cobra matte), leur rock teigneux fait mouche tout en mettant en exergue ce côté éprouvé, que B.C. is on fire, plus nuancé, estompe, comme les autres morceaux, par sa qualité et sa complémentarité avec ceux-ci. Le mérite de The Pack AD est donc de diversifier ses orientations, évitant ainsi de tomber dans la redite; la démarche était nécessaire compte tenu de la fréquence des duos oeuvrant dans le même registre, et They Know me renforce l’ouvrage des demoiselles par son côté posé et bien ficelé et sa belle union vocale. K stomp peut alors renouer avec l’explosivité directe caractéristique des duos garage; il trouve de ce fait sa légitimité, Catch faisant preuve de la même vigueur, dont on attend alors qu’elle soit contrebalancée par une plage moins sauvage, plus pensée.

C’est alors qu’arrive The slow down, décrit plus haut, plus posément bluesy, The last martians concluant sur une note plus strictement rock’n’roll, insoumise certes mais de nature à étoffer de façon juste, plus mélodique et moins impulsive, le propos des Canadiennes.

On se retrouve donc, à l’arrivée, avec un disque au style essoufflé, mais porteur d’une pluralité assez conséquente pour plaire, en dépit de ce constat. En attendant bien sur que la paire Becky/Maya se renouvelle prochainement pour éviter de se retrouver reléguée au second plan, derrière les “vedettes” de ce style auxquelles le manque d’originalité sera plus facilement pardonné.