I Like Trains – He who saw the deep

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Nul besoin de rappeler la valeur du catalogue Talitres, à laquelle contribue grandement I Like Trains avec cet album au souffle pop flamboyant, fin et intense, dont When we were kings nous montre la marche dès ses premiers instants, imité en cela par A father’s son et son ton tristounet.
Racées, se distinguant par des guitares légères, avenantes, qui s’enhardissent au détour de titres plus percutants, les options prises par le groupe le singularisent et font de ses canevas retenus, magnifiques de sensibilité (We saw the deep) une marque de fabrique qui débouche sur un disque de belle facture, au rythme souvent discret mais soutenu.

Lorsque l’ambiance se fige (Hope is not enough), l’univers doucereux, d’apparence tranquille mais à l’arrière-plan troublé d’I Like Trains demeure accrocheur, la mélancolie du chant communicative, et on court le « risque » de vite s’enticher de l’album en présence, dont les rythmes plus découpés (Progress is a snake et ses claviers sombres que suit une batterie énervée, assénée, allant de pair avec des guitares appuyées) et la narration de vécus existentiels permettent  d’y trouver son propre ressenti, de s’approprier les textes et ce qu’ils décrivent. Sensible, He who saw the deep gagne en impact sonore sur These feet of clay, dans la continuité de ces envolées rageuses, sans se dévêtir de ses atours finauds, et finit par prendre dans ses filets, par le moyen de cette ambigüité entre lyrisme et rudesse, tout auditeur un tant soit peu réceptif à la bonne dizaine de morceaux qu’offre l’opus.

On retrouve cette alliance, plus marquante encore, sur Sirens et ses motifs magiques, simples, avec cette même sensation d’implosion imminente, celle-ci survenant à la fin du morceau sous la forme d’une envolée brute et éclatante. Puis les huit minutes de quiétude de Sea of regrets, ornées par des cordes, affichent une classe qu’un bref envol sonique trouble merveilleusement. Ces cordes ornant Broken bones, qui s’en tient lui à une cheminement mesuré. La juxtaposition des climats est juste et A divorce before marriage semble reprendre une trame modérée, tout juste appuyée par des cordes d’envergure et des voix floues pour un titre encore une fois solide. Doves, ultime réalisation, mettant une place une atmosphère assombrie, lancinante, qui confirme l’intérêt lié à cette sortie et rend celle-ci digne de la plus grande considération.

http://www.myspace.com/iliketrains