Evening Hymns – Spirit guides

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On reste dans le label auvergnat mais on change de provenance, Evening Hymns alias Jonas Bonnetta, dont c’est là le second album et le premier sous l’appellation Evening Hymns, étant lui issu du Canada.

Tout comme Leopold Skin, il pratique un folk aux atours parfois plus énervés, de façon plus fréquente que chez son collègue de label. On remarque cela sur l’amorce de l’album, la pop alerte et acoustique de Lanterns, ses cuivres aussi, amenant cette énergie qu’on aurait souhaité plus présente chez Damien Fahnauer. Le décor est beau, les voix associées charmeuses, et Dead deer, second titre posé, fait idéalement la balance entre les deux tendances. Aucune des deux ne prend réellement le pas sur l’autre, dans ce disque de belle facture. Et quand Mtn. song se positionne entre quiétude et batterie instauratrice d’un raffut réjouissant, et que l’interlude Mazinaw lake n’engendre, du fait de sa durée réduite, qu’un intérêt limité, Broken rifle insuffle de l’allant rock à ce joli tableau. Avec une sensibilité pop qui rend le morceau plus attractif encore, et apporte ce petit plus, ces élans de nervosité qu’on apprécie grandement, et des motifs sonores, apparemment issus d’un synthé, bien amenés. Et l’instant d’après, les cuivres larmoyants de Tumultuous sea ouvrent la voie à un morceau pop-rock que ces mêmes cuivres étoffent de pair avec des guitares séduisantes.

On le voit, Evening Hymns ne se cantonne pas, loin s’en faut, à une trame folk quasi-inchangée, et donne ça et là coups de pinceau vifs, pour revenir sur Cedars à un canevas tranquille. Ce faisant, il valorise ses options calmes et leur donne un certain relief, leur évitant aussi d’ennuyer par leur nombre ou un contenu prenant le pas sur les plages plus énervées.

Cette qualité est mise à mal par les cinq minutes…d’orage et de pluie qui tombe de November 1st 2008, Lakefield, Ontario, dont l’intérêt est toutefois de donner une image assez exacte de l’opus en présence. Le délicat History books rattrapant ce léger faux pas, par la grâce de son acoustique désabusée mais loin de l’inertie, il est permis de conclure en mettant l’accent sur le fait qu’avec ce disque, Kütu Folk livre une nouveau produit racé, comme à l’habitude, et s’impose, comme Herzfeld ou Kythibong, parmi les structures les plus reconnues du territoire.