My Little Cheap Dictaphone – The tragic tale of a genius

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“Echappé” d’Hollywood Porn Stars, le talentueux Redboy mène avec brio son projet MLCD, dont ce troisième album se solde par un “opéra pop moderne” s’inspirant de la vie de Brian Wilson. Et si l’idée, pour le moins périlleuse, peut engendrer un résultat inégal, il n’en est rien et les Belges livrent un résultat parfait, musical, où l’on retrouve la musicalité d’un Deus ou d’un Venus, probante tant dans son côté orchestral que dans ses orientations plus brutes, ou mêlant les deux (In my head, qui bénéficie de l’intervention de…Pall Jenkins de Black Heart Procession/3 Mile Pilot, tout de même!).

Après une élégante ouverture (Ouverture, justement), on trouve une enivrante pièce timidement jazzy, Piano waltz, qu’on imagine parfaitement jouée dans une atmosphère enfumée, et dont les voix associées font bel effet. Puis, dans un registre plus direct, He’s not there, sur lequel on trouve Ralph Mulder d’Alamo Race Track, autre groupe probant issu du Plat Pays, crédibilise d’autant plus le propos de ce groupe ici imprenable. La qualité des mélodies et des arrangements est à saluer et quand le Mercury Rev Jonathan Donahue y va de sa contribution (What are you waiting for), il en résulte un rock majestueux et impétueux, que My holy grail et sa “pop à cordes” teintée d’une douce mélancolie prolonge superbement.
C’est d’ailleurs cette même mélancolie qui anime l’étincelant Shine on, décoré par une sorte d’embardée floue et presque noisy, changeant dans ses humeurs et entièrement addictif.

Ralph Mulder refait une apparition remarquée à l’occasion de Slow me down, merveilleux exemple de la capacité qu’ont Redboy et MLCD à diluer des éléments orchestraux dans une pop-rock vive, puis c’est le In my head décrit plus haut qui valorise l’album en présence, dont il faut souligner qu’il s’accompagne sur scène d’un spectacle préparé par des professionnels venant du théâtre et du cinéma.

Suite à cela, l’acoustique fine de What the devil says, en son début, fait elle aussi sensation, précédant des instants plus rudes et une belle envolée ou l’orchestral et le “rock ” font bon ménage, No self esteem prenant le relais dans une veine symphonique troublée également de bon aloi. Et si la valeur du rendu n’est d’ores et déjà plus à mettre en cause, trois titres de belle facture en accroissent ensuite l’intérêt, à commencer par The tragic tale of a genius, tranchant et dont la fin, endiablée, impose un rythme débridé. A man with no soul alternant lui instants de quiétude et envolées mélodiques avec brio.

Enfin, Face to face et sa splendeur issue d’une instrumentation douce-amer finement travaillée ferme la marche avec classe, et clôt un disque de toute beauté, réussi de bout en bout, qui fait de MLCD un groupe désormais impossible à ignorer, aux côtés de la superbe révélation qu’est Joy.