Dulac – Démo

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Tout droit sorti de Rennes, ville souvent synonyme de grande qualité musicale, Dulac m’a été révélé par la dernière compil’ en date du label bordelais Fatal Object Music, “d’Eux“, avec l’excellentissime Un singe dans l’ether.

Sur cette démo, c’est  d’ailleurs ce titre qui inaugure les festivités dans un galop post-punk incoercible, l’ex-bassiste de différents groupes rock bretons ayant décidé, on s’en réjouit, d’oeuvrer en solo afin d’écrire ses propres morceaux.

Il y fait d’ailleurs preuve d’une belle dextérité verbale, et mêle cold-wave, post-punk et élans gothiques éphémères avec une prestance à ne pas négliger. Funambule, second titre dark et lui aussi rythmé, attestant de cela avant que Dulac n’impose une trame plus “figée” sur Sur le fil, laquelle lui permet de s’extraire de ses tempi alertes pour accentuer la qualité de son rendu. Et quand survient Barbara et son génial sample de voix féminine, porté par une basse énorme et lui aussi post-punk en diable, avec ses “tic-tac” obsédants et son texte réaliste, on succombe à l’univers très early 80’s de Dulac.

C’est ensuite une plage évoquant le merveilleux “CSCLDF” du premier album des Young Gods, Barbara, goth mais dans le sens noble du terme, sans cette noirceur excessive un brin soûlante, qui met son monde en “joie”, si on peut dire, le très court Voeux lourds, humoristique, permettant à l’auditeur de souffler avant la charge frontale de Le trou du vide. Ici, batterie matraquée et son opaque mènent la danse et accouchent d’un autre morceau de haute volée, à l’occasion duquel le Breton offre un bel aperçu, un de plus, de son adresse à allier le musical et le littéraire. Et Septembre, nettement plus haché, quatre-cordes rondelette et rythme syncopé en avant, confirme définitivement la valeur de cette première démo. Tout comme Résilience, mid-tempo retenu qui laisse ensuite place à Simone, plus franc et qui nous montre que sur ce recueil initial, le recours au Français dans le chant ne nuit pas, loin s’en faut, à la forte impression ressentie dès les premières notes d’ Un singe dans l’éther.

Un titre bonus se présente même ensuite, fonceur et obscur à souhait, et ravive lui aussi, par son énergie et sa qualité, le souvenir d’une scène française 80’s aussi foisonnante que le fut celle de nos 90’s vénérées.
Et le tout, à l’image d’ailleurs des productions Fatal Object, affiche une belle singularité, de la cohérence et engendre un intérêt optimal, le dit label étant d’ailleurs, aux dernières nouvelles, prêt à accueillir Dulac en ses murs.