Caribou (+Karaocake)

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Les affiches proposées étaient alléchantes, à la “Lune”, en ces huit jours de folie allant du 11 au 18 novembre, et incluaient dans un premier temps le trio Mark Gardener/Molly’s/Warlocks le 11, donc, sur lesquels je reviendrai bientôt en ces lignes, pour enchainer avec ce duo attractif constitué de Karaocake et Caribou le 12 et prendre fin sur le Jim Jones Revue, chroniqué par mes soins dans les colonnes de ce webzine aquitain.

Karaocake

Je parlerai donc ici de Caribou, dont la première partie fut assurée par les excellents Karaocake, groupe du label Clapping Music, plus que recommandable. Auteure d’un Rows and stitches de haute volée, Camille Chambon, initiatrice du projet épaulée par deux musiciens dont Domotic, allait décliner avec grâce et intensité le contenu de ce disque, à l’électro-pop rêveuse, parfois plus agitée, et enchanter le public amienois, dont on peut d’ailleurs se réjouir qu’une telle découverte lui soit offerte ce soir-là. La demoiselle eut même droit à une affiche célébrant son anniversaire, surprise judicieuse et méritée tant les morceaux de Karaocake prennent, dans les conditions du live, une ampleur à ne pas négliger et captivent par leur atmosphère prenante.
 

Karaocake

Prestation remarquable et remarquée donc, de la part d’un groupe qui, à l’image des autres formations de chez Clapping, dont Clara Clara, mériterait d’être nettement plus connu…et reconnu.

Caribou

Une fois le traditionnel entracte voué au changement de matériel à son terme, les canadiens de Caribou, “signataires” d’un Swim intéressant, déboulent et emportent d’emblée les quidams présents dans un tourbillon rythmique et sonore, basé de façon un peu trop récurrente sur un rythme de batterie percutant, mais qui met en évidence un belle série de morceaux de qualité, issus donc principalement dudit album de Dan Snaith, ancien étudiant en mathématiques dont la rigueur mêlée d’expérimentation s’est ici joliment faite entendre, et ses acolytes, mais aussi d’Andorra et The milk of human kindness, les opus précédents.

Caribou

Tour à tour psyché, electro, rock voire noise et expérimental, Caribou dispose à l’évidence d’un répertoire affuté, et mêle allègrement machines, prédominantes ici et sur Swim, et organique avec un savoir-faire certain, et fait preuve d’une prestance scénique décisive. Les titres significatifs se succèdent, entre l’inénarrable Odessa et ses boucles obsédantes, le trippant et céleste Sun, un Hannibal relevé par des cuivres discrets et ce Kaili pour lequel j’avoue un gros faible, pour faire court et rendre compte de l’impact de l’ex Manitoba et ses complices sur le plan scénique. En atteste la réaction d’un public fourni et enthousiaste, dansant et souriant au son entres autres de Leave house, aussi fin que vivace.


Caribou

Si l’envergure sonore et rythmique de Caribou n’avait été exagérée, sa prestation aurait été parfaite; mais ce défaut qu’on peut considérer comme négligeable n’entache que très peu la prestation du groupe, et suscite l’envie tant de le revoir que de se replonger dans sa discographie, déjà probante et conséquente, pour découvrir les efforts antérieurs à Swim.


Caribou

Une très belle soirée donc, pour Karaocake comme pour Caribou, dont les quelques morceaux exclusivement instrumentaux passèrent même très bien de par leur qualité, et une louable initiative, prise par l’équipe de la Lune, que ce choix de deux formations aux univers envoûtants.

Photos Lucile Emma