The Bewitched Hands – Birds & drums

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C’était une évidence ou presque; The Bewitched Hands, anciens The Bewitched Hands on the top of our heads, suintaient le savoir-faire, et leurs tous premiers titres, étincelants d’une pop aux influences parfaitement assumées et trouvant leurs sources entre les 60’s et l’époque actuelle en passant par les 90’s, auguraient d’une première réalisation long format de taille.

On n’est dès lors nullement surpris par la qualité de Birds & drums, aussi léger et euphorisant (Happy with you, un Birds & drums aux “pa-pa-pa-pa hiiaa” magiques) que puissant et ouvertement rock (Cold), aux mélodies impeccables. On atteint ici l’excellence des ritournelles pop british émanant des Beatles ou, plus “récemment”, des Boo Radleys (Underwear qui nous rappelle le meilleur du Wake up! de Sice, Martin Carr & Co), et le mordant pop-rock de So cool le bien nommé apporte le petit plus qui fait la différence. On navigue aussi en territoire psyché, fouetté par des guitares nerveuses (Work) ou plus tranquille (Hard to cry, le folky Out of myself), et l’oeuvre en présence traverse les genres et les époques en y prenant ce qu’il y a de meilleur pour, au final, s’imposer comme un excellent album “haxagonal” de plus, après les Adam Kesher ou Pilöt ou encore le dernier Tiersen, superbe pièce rock singulière et surprenante.

On retrouve plus loin un refrain une fois de plus mémorable (Kings crown) et un rock tendu qui n’est pas sans évoquer le Stuck in the sound de Shoegazing kids, entre autres chansons parfaites et bien équilibrées entre douceur et impact sonique.

De plus, les rémois ne lésinent pas sur la quantité (treize titres au total) et, celle-ci rimant avec qualité, on y trouve forcément son compte avec à l’issue de l’écoute un arrière-goût très prononcé de reviens-y tant les compos marquent les esprits, par leur délicatesse (Staying around) et par leur esprit pop vivace et mélodiquement imparable, doublé d’une acidité rock bienfaisante (Sea). La splendeur des mélodies convoque le souvenir d’Arcade Fire, le côté noisy celui des Pixies ou de Pavement, et le tout réalise l’amalgame, merveilleux, de tous les groupes cités en ces lignes, à l’image d’ailleurs du dernier morceau, l’acidulé et doux-amer Sahara dream.

Un premier long jet majeur donc, qui fait un bien énorme à la scène…pop-rock, dirons-nous, française, doté de plus des qualités nécessaires à aller chatouiller les pointures étrangères du genre.